LE RETOUR - DU NORD BRESIL

 

AU SUD URUGUAY

 

 

 

 

 

BRESIL

 

dresil blog 5

 

 

DIMANCHE 9 MARS 2014

23° / 28° - Alternance Nuages / Pluie

 En quittant la ville de BARREIRINHAS, nous faisons un arrêt près du robinet d’eau que nous avions repéré en arrivant ; c’est l’occasion de faire tourner la machine à laver.

Le camion va aussi être lavé de nouveau grâce à la forte averse qui déverse quelques seaux d’eau. Nous sommes en saison des pluies et c’est donc normal.

 Allez, nous sommes prêts à entamer la descente du nord au sud de cet immense pays. Nous savons que nous allons traverser beaucoup de régions où il n’y a rien de spécial à voir mais le voyage reste le voyage avec toujours des côtés positifs et d’autres négatifs. A nous d’essayer d’en profiter au mieux possible.

 La route jusqu’à la nationale, à BACABEIRA, traverse des espaces très sablonneux et peu habités.

 Comme toujours, sur la nationale, il y a plus de vie ; par contre, elle est en mauvais état avec énormément de trous. Dans la journée, nous prenons plusieurs grosses averses qui dégagent souvent de bonnes odeurs d’herbe. Le paysage est toujours constitué de petits arbres et buissons.

 Nous atteignons SAO MATEUS DO MARANHAO pour notre bivouac du jour.

 Km au compteur : 83 728

Km du jour : 331

 

LUNDI 10 MARS 2014

21° / 31° - Brouillard / Nuages / Soleil

Nous nous réveillons dans le brouillard ; cela nous fait bizarre et la température est du coup un peu plus fraîche. Cela ne dure pas longtemps, le voile humide s’élève et nous retrouvons le ciel nuageux.

 Notre première mission, vu que nous sommes lundi, est de joindre la France pour nos problèmes de bateau. Le bureau de Paris qui nous avait vendu notre passage aller existe toujours et s’occupe également des traversées retour. Catalina va donc nous envoyer dès que possible les disponibilités bateau Grimaldi, c’est déjà pas mal.

 En attendant les informations, nous reprenons la route en fin de matinée. Un peu de nationale, puis nous bifurquons sur une petite route, en bon état, agréable, en direction de President Dutra. Nous changeons de paysage et retrouvons les plantations de palmiers entourées d’herbe bien verte avec de temps en temps quelques troupeaux. Par contre, nous ne croisons que quelques villages. Le tronçon qui mène à BARRA DO CORDA sera pareil, sans habitants.

 Nous y restons pour la nuit car vu la région, nous n’allons pas trouvé une autre ville avant au moins 2 H. La carte est facile à lire, nous sommes dans un grand carré sans nom ; seules des rivières traversent cette immense étendue.

Bien que BARRA soit une grande ville, elle n’est pas couverte par le réseau internet Claro ; nous n’aurons donc pas de connexion pour surveiller nos mails ; nous sommes impatients de recevoir la réponse de Grimaldi.

 Nous trouvons un petit coin calme avec de la verdure et comme d’habitude attendons la fraîcheur, bien relative, du soir.

 Km au compteur : 83 992

Km du jour : 264

 

MARDI 11 MARS 2014

22° / 28° - Nuages / Pluie

Ce matin la route n’est pas fameuse et devient carrément catastrophique lorsque nous traversons un territoire où un panneau nous indique qu’il s’agit d’une réserve indigène. Apparemment ces gens n’ont pas droit à une route, ce qui malheureusement ne doit pas vraiment les gêner car je doute fort qu’ils possèdent un véhicule. La route est défoncée, il y a plus de trous que de bitume.

 Les maisons en terre et les enfants avec un simple short en disent long sur l’état de pauvreté de ce territoire. Les communautés sont peu nombreuses et s’étalent le long de la route. Certaines fabriquent un peu d’artisanat, principalement des hamacs pour poupée. En fil de laine et perles, ils sont jolis et bien colorés.

 

HAMAC POUPEE

 D’autres préfèrent simplement tendre une ficelle en travers de la route pour demander une pièce.

 Puis nous rejoignons la nationale qui traverse le pays. Son état dépend des tronçons mais uniquement à 2 voies, avec beaucoup d’ânes sur le bas côté, d’innombrables Lombada (dos d’âne) pas toujours signalés, nous ne risquons pas de faire une pointe de vitesse !

 Nous arrivons jusqu’à WANDERLANDIA. Bien que soit un village, il y a néanmoins une super connexion wifi libre et une place pavée le long de la route où nous sommes très bien.

 Km au compteur : 84 368

Km du jour : 376

 

MERCREDI 12 MARS 2014

24° / 32° - Nuages / Soleil

 Nous passons le début de matinée au téléphone grâce à la bonne connexion de la ville. Les problèmes sont nombreux mais nous avançons bien. Nous communiquons avec la compagnie maritime et c’est bon, nous avons une réservation pour le bateau qui est prévu le 7 Avril de Montevideo. Par contre, Jean-Marc rentrera seul car de mon côté, je dois reprendre le travail le 14 Avril, décaler posait trop de problèmes. J’ai donc réservé un avion et dois attendre le retour de la confirmation.

 Il faut aussi penser à l’assurance car notre assurance rapatriement liée à notre responsabilité civile n’est valable qu’un an et là, Jean-Marc va dépasser le délai. La prolongation de l’abonnement pour le téléphone satellite est aussi à faire ; bref, de quoi s’occuper, mais quand on a internet, tout est plus simple !

 Il nous faut quand même effectuer un bout de route car nous sommes encore bien loin de Montevideo. Nous avons scotché notre carte routière du Brésil qui commençait à être en morceaux car la pauvre va devoir nous accompagner plus longtemps que prévu.

 Nous arrivons jusqu’à MIRANORTE pour notre bivouac du jour.

 Km au compteur : 84 692

Km du jour : 324

 

JEUDI 13 MARS 2014

24° / 35° - Soleil

Nous poursuivons sur notre nationale BR 153 qui doit nous tenir compagnie jusqu’au sud du pays puisqu’elle le traverse sur toute sa hauteur.

 C’est la campagne avec quelques pâturages, peu de cultures, seulement des ananas, et des petits villages tous les 50 km.

 La seule vraie petite ville du jour sera GURUPI où nous nous arrêtons à la banque HSBC. Comme hier dans une autre ville, le distributeur refuse de nous délivrer le moindre billet. Cette fois nous allons au guichet et embêtons la chef. Après avoir fait plusieurs essais elle-même pour voir les messages d’erreur, elle admet qu’il y a un problème. Après quelques recherches, elle réussit à appeler une plateforme HSBC où nous avons même un interlocuteur français qui nous explique que le serveur entre la France et le Brésil est bloqué depuis une semaine et qu’aucune transaction ne peut être faite, dans tout le pays. Au moins c’est clair et rassurant, ce n’est pas notre compte. Il nous conseille de retirer de l’argent dans une autre banque et de demander ensuite le remboursement des commissions que nous allons payer. Encore une réclamation à faire …

 Nous faisons encore un petit bout de trajet, sous une chaleur accablante. Quand il n’y a pas de nuages, la journée est dure !

 Ce soir nous faisons halte dans un bourg, ALVORADA, où comme d’habitude le seul endroit facile pour se stationner est près de la place, devant l’église. Dans tout le pays il y a messe tous les soirs vers 19 H et nous profitons très souvent de très beaux chants.

 L’église, assez moderne, est climatisée, la forte chaleur doit donc être habituel ici.

 

ALVORADA - EGLISE (2)

Par contre, c’est bizarre, tous les magasins ont fermé à 18 H, un peu avant la tombée du soir ; chaque région est bien différente.

 Km au compteur : 85 047

Km du jour : 355

 

VENDREDI 14 MARS 2014

24° / 33° - Soleil

Nous nous réveillons sous un beau ciel bleu sans l’ombre d’un nuage.

 Le petit artisan d’à côté a exposé un de ses articles, un beau rocking chair.

 

ALVORADA - ROCKING CHAIR (1)

 Nous reprenons la route où la seule attraction de la matinée sera une autruche qui nous coupe la route ; elle a bien failli y perdre ses plumes …

 Cet après-midi, nous quittons momentanément « notre » nationale pour bifurquer vers Brasilia car la bonne nouvelle, c’est qu’à cause de notre galère de bateau qui nous oblige à retraverser tout le pays, nous passons non loin de Brasilia et allons pouvoir faire un coucou à nos amis Solange et Geraldo.

 Après avoir retrouvé les immenses champs de soja où les machines s’affairent, les collines se rapprochent et nous traversons un tronçon de forêt.

 Alors que nous ne nous y attendions pas, un toucan passe juste devant le camion ; il est magnifique avec son long bec d’un jaune bien vif.

Peu après, c’est un couple de perroquets qui longe la bordure de la forêt pour me laisser le temps d’admirer leurs belles couleurs bleues et jaunes.

Cela fait plaisir car toutes ces journées de route sont longues sans rien de spécial à voir.

 Puis la route reprend entre les cultures et les prairies en s’élevant doucement et l’air devient moins chaud.

 

AVANT PADRE BERNARDO (1)

AVANT PADRE BERNARDO (2)

 Nous bivouaquons sur la grande place de PADRE BERNARDO.

 Km au compteur : 85 440

Km du jour : 393

 

SAMEDI 15 MARS 2014

24° / 33° - Soleil

Nous terminons le trajet qui nous mène à BRASILIA. La région est belle, vallonnée et l’approche sur la capitale dévoile son bel environnement de verdure.

 Nous retrouvons ses larges avenues où la circulation est agréable.

 Nous atteignons la maison de Solange et Geraldo sans trop chercher mais impossible de pénétrer dans leur rue, un gros camion grue est en train de livrer une piscine chez leur voisin.

 Nous sommes tous très heureux de nous retrouver, d’autant plus que ce n’était pas prévu et que nous n’aurions jamais pensé, il y a un mois et demi, repasser par Brasilia ; toujours les imprévus du voyage et cela a souvent du bon.

 Nous restons à regarder la piscine qui doit passer au dessus du toit de la maison.

 

BRASILIA (1)

 Puis nous allons au supermarché avec Geraldo ; cette fois, il nous en fera visiter qu’un seul ! Un exploit, n’est-ce pas Geraldo ? Nous nous moquons car c’est sa spécialité, la tournée des magasins et Solange ne veut jamais l’accompagner.

 Pour nous c’est sympa car c’est aussi la vie, les coutumes du pays que nous y voyons. Ici, comme en Colombie, les marques de café ont un petit stand avec leurs produits et une machine en self-service libre permet de goûter au café. Il est bon mais vraiment très sucré.

 Nous passons une bonne fin de journée tous ensemble.

 Km au compteur : 85 586

Km du jour : 146

 

DIMANCHE 16 MARS 2014

19° / 32° - Soleil

 Ce matin, Geraldo va nous emmener … au marché. Il est bien achalandé, plein de fruits, de légumes, de beaux produits ; c’est la capitale, il y a du choix.

 Pour le déjeuner, ce sera Churrasco, c’est-à-dire barbecue à la brésilienne. Une fois encore, nous nous régalons.

 

BRASILIA (2)

Geraldo doit se préparer car il prend l’avion ce soir pour Foz de Iguazu où il passera la semaine pour son travail. Il est très actif et rapide ; nous lui avons dit qu’il ferait un bon parisien …

 Pour la fin de soirée, nous allons donc devoir parler Portugais … Heureusement, Felipe va nous aider avec un peu d’anglais.

 Km du jour : 0

 

LUNDI 17 MARS 2014

19° / 30° - Soleil / Orages

 La journée commence difficilement, je me réveille le dos bloqué ; vu les km qui nous attendent, cela n’est pas l’idéal.

 Au petit déjeuner, Solange et Felipe nous apprennent que la route qui mène vers GOIANA est bloquée par des manifestants ; aucun véhicule ne passe ; forcément, c’est la nôtre ! Pas la peine d’essayer de partir, Brasilia nous retient …

 En fin de matinée, la situation se débloque et le passage est libre ; nous pouvons partir mais pas sans manger ! La cuisinière, Lourdes, nous fait bien comprendre, malgré le Portugais, que nous devons déjeuner avant de prendre la route. Tout est prêt, elle nous attend, c’est trop gentil pour refuser. Nous nous régalons donc d’un dernier repas avant de dire au revoir à cette famille extraordinaire qui nous a encore offert toute leur gentillesse et hospitalité. Nous espérons bien retrouver Solange et Geraldo lors de leurs quelques jours de vacances à Paris, en Mai.

 Peu de temps après notre sortie de Brasilia, nous essuyons un très gros orage ; la force de la pluie, une sorte de grêle, nous fait craindre pour les panneaux solaires mais tout ira bien.

 En passant sur une grande artère, nous voyons un concessionnaire Iveco, c’est l’occasion de s’arrêter pour acheter un filtre à huile. Vu que nous rallongeons notre trajet d’environ 6 000 km, nous allons devoir faire faire la vidange sans attendre notre retour en France. Il est 13H10 et la concession ne reprend le travail qu’à 14 H mais le chef d’atelier, attiré par ce modèle de camion qu’il n’a jamais vu, nous vendra quand même notre filtre sans attendre la réouverture des bureaux ; la gentillesse brésilienne. 

 Nous aurons droit à un deuxième orage, moins violent, lorsque nous contournons la très grande ville de GOIANA.

 Notre trajet aujourd’hui était majoritairement sur une très grosse nationale, avec deux fois deux voies, et nous avons donc bien avancé malgré notre départ tardif.

 Nous nous stoppons à HIDROLANDIA, un gros bourg, pour la nuit.

 Km au compteur : 85 828

Km du jour : 242

 

MARDI 18 MARS 2014

18° / 31° - Nuageux / Soleil

 Il a plu dans la nuit et ce matin nous ressentons une vraie fraîcheur ; c’est la première fois depuis très longtemps.

 Le paysage est très vallonné et très vert ; sans la chaleur humide habituelle, nous avons l’impression d’avoir retrouvé un climat « français », un peu breton, avec les vaches dans les champs.

 Heureusement, le temps s’éclaircit puis le soleil revient et nous retrouvons notre température habituelle.

 Nous profitons de notre passage sur la ville de ITUMBIARA pour faire faire la vidange du camion dans un petit atelier.

 L’après-midi sera consacrée à la route avec la traversée d’une région où s’alignent des orangers par milliers ; la plaine et les collines en sont couvertes à perte de vue. Ce n’est pas la bonne époque et nous ne voyons aucun fruit.

 Par contre, en fin de journée, ce sont les plantations d’ananas qui nous entourent et là les stands de vente sont nombreux sur le bord de la route. Ils vendent même à la brouette ! Nous nous contenterons de 4 ananas (pour 3.10 €) qui, comme toujours, sont hyper sucrés et délicieux.

 

REGION ANANAS

Entretemps, nous avons quand même subit encore un gros orage tropical, avec l’impression que le ciel nous tombe sur la tête tellement la quantité d’eau déversée est énorme. Heureusement, nous avons des balais d’essuie-glace tous neufs depuis midi !

 A partir d’une certaine dimension, les camions doivent afficher leur longueur sur un panneau à l’arrière ; nous saurons ainsi qu’un camion de 29,50 m nous double à toute allure. C’est le plus long que nous ayons vu ; nous sommes bien petit à côté !

 Notre journée se termine à FRONTEIRA, un bourg où la rivière marque le changement de département. Nous allons ainsi quitter les grandes étendues de nature vierge avec les petits villages éparpillés.

 Km au compteur : 86 253

Km du jour : 425

 

MERCREDI 19 MARS 2014

19° / 34° - Soleil

 Nous rentrons ce matin dans l’état de Sao Paulo ; la carte routière est maintenant pleine de routes et de noms. C’est plus industrialisé et les villes retrouvent des dimensions brésiliennes, c’est-à-dire très importantes.

 Nous retrouvons aussi les péages mais au Brésil pas de problème, 4 roues = première catégorie, peu importe les dimensions du camion. En plus il s’agit de voies rapides qui contournent toutes les villes, au moins les kilomètres avancent.

 La canne à sucre est très présente, avec des étendues immenses. 

 CHAMPS CANNE A SUCRE (1)

Par moment, il vaut mieux ne pas se fier au GPS pour suivre la bonne route …

 CHAMPS CANNE A SUCRE (2)

 Nous passons ainsi SAO JOSE DO RIO PRETO, enjambons aussi une rivière impressionnante par sa largeur.

 PONT SAO JOSE DO RIO PRETO

En début d’après-midi, la chaleur est forte et nous nous octroyons une sieste à l’ombre de grands arbres.

Cela nous donne du courage pour refaire un petit tronçon de route, passer PRESIDENTE PRUDENTE et atteindre TARABAI, où une grande pelouse nous convient tout à fait ; en plus, les gens sont habitués à y voir des camions car c’est l’endroit où s’installe le cirque lorsqu’il passe. Forcément, quelques uns viendront nous demander si nous sommes un cirque ; avec notre décoration d’animaux, nous avons l’habitude !

 Km au compteur : 86 623

Km du jour : 370

 

JEUDI 20 MARS 2014

18° / 25° - Pluie

 Il a plu toute la nuit et cela continue ce matin. Peu après notre départ, nous rechangeons de département pour rentrer dans le Parana. Là encore, c’est une immense rivière qui marque la séparation.

 Le ciel tout noir et la pluie rendent tous les petits villages traversés bien tristounet. En plus, à part la route asphaltée, tous les chemins et bas-côtés sont boueux ; c’est de la terre bien rouge qui a vite fait de tout teinter.

 Nous arrivons à MARINGA, une grande ville, sous des trombes d’eau. Les 2 mn pour  traverser la rue et m’engouffrer dans la banque suffisent pour que je revienne trempée. Du coup, on ne va déjeuner en ville, des raviolis dans le camion feront l’affaire.

 Nous poursuivons sur CAMPO MOURAO ; c’est là que nous bifurquons sur les petites routes car nous avons l’intention de passer par les chutes de Foz do Iguaçu. Ce sera notre récompense ; la traversée du pays nous permettra une 2è visite de ce site magnifique.

 Pour aujourd’hui, notre arrêt sera à GOIO ERE, un gros bourg où il y a 3 ou 4 grandes places arborées où l’on peut se stationner en toute tranquillité. Comme toujours, plus il y a de choix, et plus c’est difficile. Finalement, nous finissons devant un petit bâtiment administratif car nous y trouvons une connexion wifi !

 Km au compteur : 86 935

Km du jour : 312

 

VENDREDI 21 MARS 2014

18° / 28° - Nuages / Soleil / Pluie / Nuages

 Le fracas de la pluie sur la cellule nous réveille dans la nuit mais au matin il ne reste que les nuages.

 Nous poursuivons notre petite route de campagne. La région est très agricole et les hameaux sont au milieu des immenses cultures de maïs, ce qui confirme que le coin doit être assez pluvieux.

 Le ciel se dégage lentement et un soleil timide fait son apparition.

 Lors d’un arrêt à la boulangerie d’un village, nous nous trouvons stationnés devant un coiffeur qui attend un client ; Jean-Marc se dévoue. Il faut dire qu’il en avait bien besoin et que nous en parlions depuis déjà quelques temps mais n’étions pas tombés sur un salon. Cela fera une chose de faite, en plus bien et rapidement.

 A l’heure du déjeuner, nous sommes à TOLEDO mais c’est une ville sans vraiment de vie. C’est toujours un mystère ; de petites villes perdues sont animées, d’autres qui semblent le centre d’une région sont tristes et sans réelle activité.

 Nous reprenons notre cheminement en campagne dans un paysage vallonné et agréable ; les villages sont propres et jolis.

 C’est à SANTA HELENA que nous arrivons au bord du fleuve Parana, celui qui alimente l’un des plus grands barrages du monde, Itaipu, co-géré par le Brésil et le Paraguay.

 La petite ville a, comme toutes celles qui longent le fleuve, son balnéario, c’est-à-dire un immense terrain arboré avec des emplacements de camping, des petits bungalows, des barbecues, des terrains de jeux, le tout au bord de l’eau.  En ce vendredi, il n’y a personne et l’accès est libre. Nous allons en profiter pour faire une pause dans un beau cadre ; il y a plein d’arbustes fleuris.

 BALNEARIO SANTA HELENA (1)

BALNEARIO SANTA HELENA (3)

 La fin d’après-midi sera quand même consacrée au travail de nettoyage du camion qui a bien besoin d’une toilette.

 Nous restons pour le bivouac ; l’endroit devrait être calme car des panneaux indiquent que le son ne doit pas dépasser  60 db après 22 H ! Une voiture fera quand même le tour du parc sono à fond juste avant l’heure fatidique. Puis des jeunes viennent faire la fête pas très loin jusque très tard.

 BALNEARIO SANTA HELENA (2)

 Km au compteur : 87 143

Km du jour : 208

 

SAMEDI 22 MARS 2014

19° / 28° - Soleil

 En quittant le parc, nous allons vers SANTA HELENA, un beau petit bourg. Comme nous trouvons une connexion wifi devant un hôtel, nous restons jusqu’à l’heure du déjeuner. A midi, nous voyons tous les magasins se fermer ; la vie s’arrête pour le week-end. Seule une grande boulangerie avec une petite cafeteria reste ouverte et nous permettra de déjeuner quand même.

 Nous poursuivons notre petite route campagnarde ; le coin est joli et soigné ; les abords des routes ont de belles pelouses, des petits arbres fleuris.

 Passé MISSAL, nous cherchons le Balneario où nous nous étions arrêtés en 2012. Nous le trouvons effectivement à une dizaine de km ; le portail est grand ouvert, le bâtiment de l’administration fermé. Nous nous installons près de l’eau, il n’y a pas grand monde.

 Ce sera de nouveau une après-midi nettoyage, rangement. Il faut vider le grand coffre pour sortir la valise qui est tout au fond ; cela sent vraiment le départ …

 Nous restons là pour bivouaquer.

 BALNEARIO PRES MISSAL

Ici les plants de haricots sont tellement hauts que nous avons fait notre cueillette sur le toit du camion en cours de route ; ils sont aussi gigantesques, et un seul suffira pour notre dîner.

 GRANDE HARICOTLe petit kiosque situé tout près de nous étant fermé toute l’après-midi, nous pensions être tranquille mais non le Brésil vit la nuit et à 18H30, il ouvre et sort quelques tables et chaises. Nous déménageons donc à 200 m en espérant ne pas profiter des conversations ou de la musique.

 Peine perdue, des voitures viennent se garer dans l’allée principale avec la sono à fond ; c’est vraiment leur activité préférée, ils se stationnent avec la musique et boivent des bières ; nous n’avons toujours pas compris comment ils peuvent discuter ! En plus, nous sommes samedi soir …

 Km au compteur : 87 205

Km du jour : 62

 

DIMANCHE 23 MARS 2014

17° / 28° - Soleil

Au réveil, nous sentons la fraîcheur ; il va falloir ressortir la couette. De toutes façons, plus nous descendons vers le sud, plus le climat va changer d’autant plus que nous venons de rentrer en automne. Il va falloir nous réhabituer !

 Nous rejoignons la grande route qui mène à la ville de FOZ DO IGUACU ; sa traversée est facile en ce dimanche et poursuivons vers les chutes d’Iguazu.

 Nous rentrons dans le parc d’Iguazu en début d’après-midi et après le petit trajet en bus, découvrons les chutes brésiliennes pour la deuxième fois. Ce ne sont pas les mêmes qu’il y a deux ans ; aujourd’hui, c’est une fontaine à chocolat qui s’offre à nos yeux !

 CHUTES IGUAZU BRESIL (26)

 Des milliers de m3 d’eau déversés sont largement teintés marron alors que la première fois l’eau était claire. Cela donne un paysage différent mais tout aussi splendide.

 CHUTES IGUAZU BRESIL (11)

CHUTES IGUAZU BRESIL (12)

 Nous savons que le parcours est assez court et nous avançons doucement ; chaque angle de vue semble toujours plus beau et les photos s’enchaînent.

 CHUTES IGUAZU BRESIL (14)

 Le petit bateau d’excursion qui part du côté des chutes argentines est plutôt malmené  par les remous. La puissance de l’eau le repousse du mur d’eau.

 CHUTES IGUAZU BRESIL (21)

 Plus nous avançons et plus les embruns viennent nous rafraîchir.

 CHUTES IGUAZU BRESIL (22)

CHUTES IGUAZU BRESIL (27)

 

Un beau papillon nous accompagne et aime beaucoup mon sac à dos.

 

 CHUTES IGUAZU BRESIL (29)

 

Puis nous atteignons la grande passerelle qui permet d’approcher le cœur des chutes. Nous savons ce qui nous attend et nous préférons enfiler les ponchos ; d’autres choisissent directement le maillot de bain.

 

 CHUTES IGUAZU BRESIL (28)

 

 Le vent et la force de l’eau projetée nous trempe en 30 secondes mais quel spectacle ! Nous sommes entourés d’énormes cascades qui dévalent dans un vacarme assourdissant, avec un magnifique arc en ciel.

 

 CHUTES IGUAZU BRESIL (33)

CHUTES IGUAZU BRESIL (38)

 

Les murs d’eau, les remous et la brume chargée de goutelettes sont impressionnants. Nous restons là un certain temps pour  apprécier ce moment magique dans une ambiance irréelle.

 

 CHUTES IGUAZU BRESIL (32)

 

 Nous tentons aussi un petit bout de film qui en dit plus que nos mots.

 

IGUAZU 2014

 La fin du parcours nous fait approcher le grand mur d’eau ; la quantité d’eau déversée est inimaginable, et cela ne s’arrête jamais !

 

 L’ascenseur nous permet de nous élever et d’admirer l’ensemble en surplomb des chutes.

 

 A son arrivée, la rivière est pourtant bien calme.

 

 CHUTES IGUAZU BRESIL (45)

 

 Avant d’exploser dans un tourbillon de folie.

 

 CHUTES IGUAZU BRESIL (47)

 

 Après avoir attendu que le soleil baisse un peu, nous refaisons le parcours en sens inverse pour admirer les chutes sous un angle de lumière différent.

 

Le soleil, face à nous, amplifie la brume qui dissimule un peu les chutes.

 

 CHUTES IGUAZU BRESIL (54)

 

 L’eau a pris des reflets argent donnant encore un nouvel aspect aux chutes.

 

 

CHUTES IGUAZU BRESIL (49)

 Le parc se vide, il est temps de prendre le chemin de la sortie.

 

 Merci Dame Nature pour ce merveilleux cadeau !

 

 Nous prenons la route vers la frontière toute proche et nous stoppons juste avant le complexe douanier.

 

 Km au compteur : 87 292

 

Km du jour : 87

 

 

LUNDI 24 MARS 2014

 

18° / 29° - Soleil

 

Stationnés à la frontière, nous effectuons notre sortie du Brésil, normalement pour peu de temps. 

 

Avant de rentrer en Argentine, nous faisons une halte au centre de Duty Free situé entre les 2 frontières mais nous devons attendre car il n’ouvre qu’à 10 H.

 

Il est en cours d’agrandissement et effectivement, il y a plus de magasins que lors notre passage en 2012. Il est toujours aussi beau, moderne avec de beaux articles. Après quelques provisions, qui partiront en fumée ou dans un verre, direction la frontière argentine. 

 

 

 

 

 

ARGENTINE

 

 

 

Nous attendons un bon bout de temps avant que quelqu’un vienne nous établir notre autorisation temporaire de transit pour le véhicule. 

 

Avec tout cela, il est déjà midi. 

 

Après quelques km, nous sommes stoppés ; la police barre la route. En fait il y a une manifestation plus loin et la circulation est bloquée. Bon, ce n’est pas notre jour à avancer ! 

 

Nous avons le choix entre attendre ou faire demi-tour. Nous déjeunons puis nous nous mettons dans la file et patientons car il n’y a aucun contournement possible. De temps en temps, la file avance sur une centaine de mètres puis s’arrête de nouveau.

 

Nous passons l’après-midi ainsi ; pour une fois, l’Argentine n’est pas très accueillante ! 

 

A 16 H, nous atteignons le carrefour bloqué par les manifestants qui ont finalement libéré une voie de circulation. Le flot des voitures se dirige vers la nationale mais nous, nous bifurquons en direction d’une petite piste, la 101, qui va nous faire traverser le parc d’Iguazu.                       

 

La piste de terre rouge est correcte et coupe la forêt dense et très sauvage ; aucun chemin, aucune habitation sur une trentaine de km. Dans un tel milieu, nous espérions voir des animaux mais non ; seuls 2 petits animaux qui ressemblent au lapin mais sans grandes oreilles, traversent la piste ; par contre, il y a énormément de papillons, dont de très beaux. 

ARGENTINE - PISTE 101

 

Dès la sortie du parc, nous retrouvons quelques hameaux puis la frontière argentine, en pleine nature. Nous sortons déjà du pays par le Pont International ANDRESITO. 

 

 

 

Km au compteur : 87 403

 

Km du jour en Argentine : 111

 

 

BRESIL

 

Nous n’avons plus qu’à re-rentrer au Brésil ! Encore quelques coups de tampon … 

 

En fait, c’était le parcours le plus simple puisque nous étions passés par les chutes d’Iguazu ; si nous n’avions pas coupé par l’Argentine, nous aurions dû remonter sur une bonne centaine de km vers le nord pour reprendre une route nous permettant d’aller vers le sud et rester ainsi au Brésil. 

 

Il est déjà tard, et nous nous stoppons dans le premier hameau brésilien, SANTA CLARA, en bord de route mais le trafic ne devrait pas nous gêner. A part le camion de lait et un tracteur, nous n’avons pas vu grand monde. 

 

 

 

Km au compteur : 87 408

 

Km du jour au Brésil : 5 

 

 

 

MARDI 25 MARS 2014

 

18° / 30° - Soleil 

 

Aujourd’hui c’est une grande journée route mais avec une petite moyenne. Ce sont de petites routes, dans un état moyen et souvent même en mauvais état ; la région est  légèrement montagneuse.

 

Entre la traversée des villages, villes, les gros camions poussifs dans les côtes, nous n’avançons pas vite. Et puis il y a aussi les arrêts pour travaux dont l’un nous laissera sur place 1H15 ! Comment voulez-vous que les km défilent avec tout cela ?

 

Bon, nous sommes quand même dans les temps mais forcément nous voulons garder une bonne marge de sécurité. 

 

Après un trajet par BERNARDO DE IRIGOYEN, SAO MIGUEL D’OESTE, MARAVILHA, FREDERICO WESTPHALEN, l’arrêt du jour est à SEBERI sur la place principale, devant l’église comme d’habitude … mais avec un petit réseau wifi ! 

 

 

 

Km au compteur : 87 717

 

Km du jour : 309 

 

 

 

MERCREDI 26 MARS 2014

 

18° / 28° - Soleil et quelques nuages

 

Nous poursuivons par la nationale et en fin de matinée, rentrons dans la petite ville de PANAMBI pour trouver la banque HSBC. Nous nous sommes donnés du mal pour rien car le système ne fonctionne toujours pas et nous ne pouvons pas retirer d’argent ; cette histoire de serveur en panne entre la France et le Brésil est bizarre. Nous allons donc dans une autre banque. 

 

Pour déjeuner, nous essayons un grand self d’un supermarché ; super, il y a du riz et des haricots mais aussi des frites et des desserts.

 

Beaucoup de noms de rues, de magasins, ont une consonance allemande et nous croisons pas mal de têtes blondes ; cela explique peut être la présence d’un buffet un peu différent de d’habitude. 

 

Puis ce sera de nouveau la route ; nous sommes toujours entourés d’immenses champs de céréales. 

 

A l’approche de la très grande ville de Santa Maria, un panneau balnéario nous incite à rentrer dans un village, ITAARA. Nous trouvons le balnéario mais il n’est pas prévu pour le stationnement d’un véhicule comme le nôtre. 

 

Par contre, en face, un beau lac avec des nénuphars, est longé par un chemin qui mène aux maisons. Nous y trouvons une petite place le long du lac. C’est mignon et nous sommes en compagnie de canards et de petits rongeurs qui grignotent l’herbe mais qui nagent aussi très bien. 

ITAARA - BALNEARIO (1)

ITAARA - BALNEARIO (4)

 

C’est paisible et parfait pour notre bivouac.  

 

Km au compteur : 87 988 

Km du jour : 271  

 

 

JEUDI 27 MARS 2014 

18° / 28° - Soleil 

Les canards sont levés bien avant nous et se déplacent toujours en file indienne ; par contre les rongeurs ont disparu. 

ITAARA - BALNEARIO (6)

ITAARA - BALNEARIO (3)

 Nous, notre file indienne est sur la route. Nous contournons SANTA MARIA pour poursuivre vers CACAPAVA DO SUL, la seule ville de la matinée. Nous y faisons notre pause déjeuner ; nous constatons une fois encore que tout ferme à midi pile, même la boulangerie.  

Peu de temps après, nous quittons la nationale pour une petite route très agréable ; légèrement montagneuse,  elle traverse la campagne avec beaucoup de pâturages et des parties boisées ; c’est moins monotone que les immenses champs de soja. De plus, il y a très peu de circulation.  

Par contre, nous n’y voyons aucun village jusqu’à notre arrivée à BAGE, une grande ville où nous faisons des courses. C’est notre dernière ville brésilienne car nous ne sommes plus qu’à une soixantaine de km de la frontière uruguayenne. Vu l’heure, nous allons rester là pour aujourd’hui. Comme toujours dans les grandes villes, il n’est pas facile de trouver un bivouac. Vers la sortie de la ville, nous choisissons un grand terrain arboré avec une belle pelouse. Pour ne pas l’abîmer, nous restons sur le chemin mais le gardien vient nous demander de nous installer sur l’herbe pour laisser l’accès entièrement libre, même la nuit. Il y a un parking et un grand bâtiment juste à côté et nous supposons qu’il s’agit d’un funérarium. En tout cas, c’est calme et un peu à l’écart de la grande artère.  

Pour notre dernière nuit au Brésil, nous allons échapper à la musique.   

 

Km au compteur : 88 254 

Km du jour : 266  

 

 

VENDREDI 28 MARS 2014 

18° / 28° - Soleil / Nuages 

C’est à travers la pampa que nous effectuons notre dernier tronçon brésilien. Il y a beaucoup plus d’animaux dans les pâturages qu’hier, par contre, aucun village. Les fazendas sont loin de la route et nous ne voyons que des gauchos s’occuper du bétail. D’ailleurs un troupeau traverse la route à notre approche, bien encadré. 

GAUCHOS AVANT LA FRONTIERE ACEGUA (1)

GAUCHOS AVANT LA FRONTIERE ACEGUA (2)

 

Nous arrivons à la petite frontière de ACEGUA où le policier est installé dans un mobilhome ; 2 secondes plus tard, notre sortie du Brésil est bouclée.  

Nous sommes bien contents d’être arrivés au bout de notre traversée de 4 919 km ; ce n’était quand même pas rien ! Maintenant, la suite en Uruguay va nous paraître courte. 

 

Km au compteur : 88 316 

Km du jour au Brésil : 62

 

 

Cette fois, je crois que nous quittons le Brésil pour de bon. Je pense que nous pouvons dire que nous le connaissons bien ; nous avons arpenté et visité beaucoup de ses régions, et même plus que prévu ! Mais cela a été un vrai plaisir et c’est bien le principal.  

Vu son étendue, 13 fois la France, toutes ses régions sont bien différentes les unes des autres mais chacune nous a offert de beaux paysages dans une nature splendide. Que ce soit les cocotiers, les magnifiques plages, les bains de mer en eau tiède, le parc de dunes et lacs, Iguazu, que de souvenirs ! Et puis, nous ne pourrons oublier notre « expérience Pantanal », un grand moment, une grande aventure … 

Mais tout ceci n’aurait que peu de valeur sans son peuple ; nous pouvons affirmer que les Brésiliens sont accueillants, chaleureux, généreux et toujours prêts à aider. Nous y avons rencontré des gens fabuleux et ces souvenirs là, inoubliables, resteront dans nos cœurs.

 

 

KM PARCOURUS LORS DE NOTRE PREMIERE VISITE EN 2012 (Tracé orangé) : 7 103 km en 68 jours.  

KM PARCOURUS LORS DE NOTRE DEUXIEME VISITE DE 2014 (Tracé vert) : 13 284 km en 68 jours.  

SOIT : 20 387 km dans ce beau pays où, au total, nous aurons vécu 4 mois et demi. 

BRESIL - TOTAL PARCOURS 2012 ET 2014

 

 

 

URUGUAY

 

 A l’autre extrémité du village d’ACEGUA, c’est l’entrée en Uruguay, avec entre les deux, plein de petits magasins de Duty Free. 

A l’immigration, l’accueil est cool et les souhaits de bienvenue et de bon voyage bien sympathiques. Par contre, nous posons un problème à la douane en réclamant une autorisation temporaire de circulation pour le camion. Finalement, on nous dit que nous l’obtiendrons à 500 m lors du passage au contrôle policier. 

Effectivement, le policier, bien qu’il préfère discuter de notre voyage et du camion, va se décider à prendre les formulaires et un papier carbone pour nous établir notre document. On se sent presque embêté de le faire travailler ! Ici la vie c’est « tranquilo » et l’accueil bien sympa. 

Il semble qu’il y ait un contrôle sanitaire car un vieux panneau mentionne « pas de produits animal ou végétal » mais personne ne nous demande rien.  

Nous prenons la route dans ce tout petit pays. La première ville semble éloignée mais l’échelle de la carte n’a rien à voir avec celle du Brésil, et nous arrivons très rapidement à MELO. La vie n’est vraiment pas animée et ici, pas de petits snacks ou self ; les gens ne mangent pas dans la rue. Nous trouvons juste un grand camion qui propose des sandwichs locaux ; il va falloir apprendre ce qui se cache derrière ces nouveaux noms si l’on ne veut pas choisir au hasard.  

Peu après notre départ, nous faisons une pause à l’ombre pour respecter l’heure de la sieste et surtout parce que je ne suis pas en forme. J’ai attrapé un coup de froid ; l’air est plus frais maintenant et la clim dans le magasin hier n’a pas arrangé les choses.  

Notre trajet se fait au milieu des pâturages ; ici la vie semble avancer au ralenti. Il y a énormément d’animaux ; rien que là, chevaux, canards, moutons, vaches cohabitent.

 

URUGUAY (1) - AVANT TRENTA Y TRES

URUGUAY (2) - AVANT TRENTA Y TRES

 Nous roulons jusqu’à la ville suivante, TREINTA Y TRES, où nous savons qu’il y a un grand parc. Effectivement, outre le camping, il y a plein de possibilité de stationnement agréable.  

La nuit tombée, la pluie vient nous arroser un peu ; l’Uruguay n’a pas une super réputation au niveau climat et je pense que cela va se vérifier. 

 

Km au compteur : 88 493 

Km du jour en Uruguay : 177 

 

 

SAMEDI 29 MARS 2014 

18° / 28° - Soleil 

Pour me faire mentir, ce matin il y a un magnifique ciel bleu. Nous profitons un peu du parc avant d’aller en centre ville faire des courses. C’est la grande ville de la région mais on ne peut pas dire qu’elle déborde de commerçants. Sachant que nous ne trouverons pas à déjeuner à l’extérieur le midi, il nous faut prévoir nos repas. 

L’Uruguay est considéré comme la Suisse d’Amérique du Sud et les prix y sont bien le double qu’au Brésil bien que ce pays ne soit pas dans les moins chers. 

Comme il est déjà midi, nous repassons par le parc pour y déjeuner avant de reprendre la route.  

Ce pays est si petit que si nous allons directement à Montevideo, nous avons dans les 300 km à parcourir. Maintenant que nous sommes proches, nous sommes rassurés et  décidons de prendre notre temps et de passer par la côte. Nous la connaissons mais il y a plein de petits coins et de bivouacs agréables, autant en profiter.  

Nous passons donc JOSE PEDRO VARELA puis prenons une petite route pour LASCANO et VELASQUEZ. Il n’y a presque pas de voitures, c’est la campagne, paisible. C’est à peine si l’on se rend compte que l’on traverse ces 2 bourgs mentionnés sur la carte tellement c’est petit. Par contre, nous voyons énormément d’oiseaux dont des colonies de perruches d’un vert bien vif.  

Et ce n’est pas en empruntant une départementale que nous allons croiser du monde. C’est en fait une piste de terre mais en très bon état. Nous n’y voyons que 4, 5 gros camions chargés de bois car les environs sont principalement occupés par des exploitations forestières. 

Il se dégage une impression de calme et ce genre de trajet campagnard est bien reposant. 

ENVIRONS DE CASTILLOS

 A CASTILLOS, nous rejoignons la route qui mène à la côte. Nous avons déjà achevé notre traversée du nord au sud du pays !!  

Nous rejoignons VALIZAS, un village où les maisonnettes sont disséminées et même parfois enfouies dans le sable. Nous l’avions découvert en 2012 et avions bien aimé ce cadre. Nous retrouvons le seul lieu de bivouac possible, au bout du chemin de terre.  

Quelques voitures sont en train d’être chargées, ici c’est la fin des vacances et la fermeture des maisons de campagne.  

Derrière la dune, la mer est rejointe par une rivière et la vue sur les dunes de sable situées de l’autre côté de la rivière est très belle, d’autant que le soleil en baissant sur  l’horizon, nous offre de belles couleurs. 

VALIZAS (1)

VALIZAS (3)

 

 Un petit coin plein de charme et bien au calme ; nous renouons avec le bruit des vagues. 

 

Km au compteur : 88 693 

Km du jour : 200

 

DIMANCHE 30 MARS 2014 

17° / 22° - Nuages / Pluie 

Aujourd’hui, c’est grasse matinée jusqu’à 9 H ! Pour nous, c’est déjà beaucoup. Du coup, nous ratons le rayon de soleil matinal qui sera suivi de la pluie et du vent. 

Nous avons beau patienter, il ne fait pas un temps à aller se promener sur la plage. 

Bon, cela nous permet de travailler sur le tri des photos, et c’était bien nécessaire. 

Après déjeuner, nous décidons de bouger pour rejoindre CABO POLONIA car lors de notre premier passage, il y avait un réseau wifi et un parking agréable. Comme souvent, les bons plans ne fonctionnent pas longtemps ; maintenant le parking est payant, dans la terre boueuse et il n’y a plus de wifi. C’est le point de départ des excursions pour traverser les dunes et rejoindre la mer mais comme nous y sommes déjà allés, nous repartons. 

Nous allons jusqu’à la petite station balnéaire de LA PEDRERA. Même en ce dimanche, les trois-quarts des maisons de campagne sont fermées. La pluie a enfin cessé et nous pouvons faire un petit tour. 

Nous restons à bivouaquer le long de la mer. 

Juste avant de se coucher, un rayon de soleil éclaire les vagues. 

LA PEDRERA (1)

 

Puis le vent forcit et le camion bougera une bonne partie de la nuit. 

 

Km au compteur : 88 747 

Km du jour : 54 

 

 

LUNDI 31 MARS 2014 

18° / 23° - Soleil 

Ce matin le ciel est bleu azur. 

Nous partageons la journée entre travail sur le blog, grâce à un petit réseau wifi, et grande ballade sur la plage. Le soleil chauffe bien mais le vent est frais et il faut un sweat.  

 La plage est belle, immense et sauvage. Nous trouvons les rochers striés originaux et assez photogéniques. 

LA PEDRERA (5)

LA PEDRERA (7)

  

Ce lieu étant très calme et agréable, nous dérogeons à la règle de sécurité de ne jamais dormir deux nuits à la place et restons là pour ce soir. Vu le genre du village, cela ne semble pas risqué.

 Ce n’est pas en allant au mini supermarché chercher du pain que nous allons changer d’avis ; les quelques piétons croisés nous saluent. La pancarte du seul café qui donne sur la mer donne aussi le ton : Je ferme dimanche soir et lundi mais je serais là mardi ! C’est gentillet mais le plus étonnant est que la terrasse reste installée ; les tables, les fauteuils, tout est dehors, à portée de mains. Qui oserait faire cela en France ?

Km du jour : 0

MARDI 1er AVRIL 2014

 18° / 23° - Soleil

 Aujourd’hui, petite journée « uruguayenne » ; matinée tranquilo, départ avant le déjeuner pour 9 km de route tranquilo et après-midi tranquilo en bord de plage. Voilà, nous avons adopté le bon rythme …

 En fait, nous ne voulons pas approcher de Montevideo car les bivouacs y seront plus difficiles alors qu’ici nous pouvons nous stationner en bord de plage dans un cadre plus sauvage. Nous sommes donc allés seulement jusqu’au bourg suivant, LA PALOMA, histoire de changer de coin.

Ici aussi c’est calme et agréable face à la plage et aux rochers ; le parking du phare est à 100 m mais nous avons préféré un terre plein plus nature, juste à côté, profitant que le bar soit fermé. 

LA PALOMA (3)

 

Cette journée nous convient bien car nous ne sommes pas trop en forme. Après moi, c’est Jean-Marc qui a un bon rhume et est un peu fiévreux. Après avoir passé 6 mois entre 27° et 35°, à l’ombre, la différence est importante et surtout il y a du vent. Il va falloir que le corps se réadapte.

 Par contre, à l’abri du vent et au soleil, il faisait chaud cet après-midi et j’ai dû ressortir le débardeur. Il faut profiter de ces derniers instants de répit …

 La plage est couverte de coquilles de moules, c’est impressionnant. 

LA PALOMA (2)

 

 Nous restons là pour bivouaquer. 

 

Km au compteur : 88 761 

Km du jour : 14 

 

 

MERCREDI 2 AVRIL 2014 

18° / 24° - Soleil 

Jean-Marc va chercher le pain pour le petit déjeuner et revient avec une vraie baguette française, croustillante, qui sort du four. C’est exceptionnel car le pain porte fréquemment le nom de « pan frances » mais il n’y ressemble pas souvent. 

Très courageusement, nous bougeons de 500 m pour aller nous installer sur un parking bitumé parait-il réservé aux camping-cars et caravanes situé à l’entrée du port. Là encore c’est bien calme et nous avons une belle vue sur la petite ville. 

LA PALOMA (6)

 

 Aujourd’hui, il faut que je me décide à préparer mes affaires ; pas facile de prendre le minimum surtout en sachant que je vais sûrement attendre un mois et demi pour récupérer la suite. Cela va m’occuper une bonne partie de la journée, au rythme uruguayen.

 Entre temps, nous soignons aussi nos microbes à l’aide de l’homéopathie et des huiles essentielles, en espérant laisser les boites d’antibiotiques dans la pharmacie ; elles y sont depuis plus de 2 ans, on ne va quand même pas les sortir maintenant !

Nous allons aussi quand même faire une ballade sur la plage puis vers le port. Il est principalement occupé par la marine nationale mais il y a aussi un cargo en train d’être rempli de troncs d’arbre. Juste à côté, quelques bateaux de pêche et de plaisance sont amarrés, dont un voilier breton. Nous verrons plus tard les propriétaires, un couple de  français qui sillonne les environs depuis 10 ans après avoir tout largué en France. 

Nous rebougeons de 500 m et venons nous installer là, sur le petit parking, car il y a un réseau wifi. 

C’est calme, avec vue sur les bateaux de plaisance et sommes bien gardés avec la marine nationale juste en face. 

 

Km au compteur : 88 765 

Km du jour : 4 

 

 

JEUDI 3 AVRIL 2014 

18° / 28° - Alternance de nuages et soleil 

Bon, cette fois, il faudrait quand même se décider à rejoindre Montevideo car demain c’est le jour J pour moi.  

La route passe par les terres, avec d’abord ROCHA, une ville où nous constatons encore que tout y est très calme mais en fait cela manque de vie. Après quelques courses, nous poursuivons par l’autoroute jusqu’à PAN DE AZUCAR. 

C’est là que nous rattrapons la côte ; nous faisons une petite incursion sur le bord de mer pour voir si on ne trouverait pas un camping ou un balnéario qui permettrait à Jean-Marc de s’installer en attendant le bateau mais nous ne trouvons rien. Par contre, il y a plein de beaux petits coins sympa pour bivouaquer le long de belles plages. 

Nous arrivons à MONTEVIDEO et nous installons en bord de mer, tout près du Yacht Club. Un peu à l’écart de la grande artère, cela ne devrait pas être trop bruyant.  

MONTEVIDEO (2)

 

 Km au compteur : 89 003 

Km du jour : 238 

 

 

VENDREDI 4 AVRIL 2014 

Dernier petit déjeuner en bord de mer avec les cris des mouettes. 

Nous rejoignons l’aéroport en début d’après-midi. Pour moi c’est la fin d’un merveilleux voyage, il faut quitter Grande Aventure, la vie de nomade, de liberté, de découvertes. Bon, il ne faut pas trop y penser … 

J’ai laissé mon petit âne porte bonheur à sa place, pour qu’il veille sur le camion jusqu’à son retour. 

Pour un aéroport de capitale, il fait bien petit ; ici, pas d’effervescence. 

C’est le début d’un long voyage de 24 H qui me mènera de Montevideo à Buenos Aires en Argentine, puis à Sao Paulo au Brésil puis à Casablanca au Maroc et enfin à Paris. Un passage par 3 continents … quand on a l’âme voyageuse ! 

C’est long et fatiguant mais tout se passe bien jusqu’à l’arrivée des bagages où là, tout va mal, ma valise n’est pas là. Après la déclaration de perte, je suis considérée comme « passager suspect » par le contrôle des douanes à la sortie. Comme si ne pas avoir mes bagages ne me suffisait pas ! Après contrôle de mon sac, scan de mon ordinateur, questions …, je retrouve enfin Laure qui m’attend patiemment et ça c’est un grand plaisir. 

Nous sommes Samedi 5 Avril et nous rejoignons rapidement son appartement de Noisy-le-Grand car il est déjà 22 H. 

 

Pour moi, la semaine à venir va être une semaine de réadaptation. Il faut replonger dans la vie parisienne, avec tout à réorganiser puisque nous n’avons rien conservé lors de notre départ. 

Et puis, lundi 14, marquera une nouvelle étape, la reprise du travail, avec les joies des transports parisiens … 

Heureusement, le retour signifie retrouver la famille et les amis ; c’est le point de consolation primordiale. C’est grâce à vous tous que nous allons réussir à rechanger de vie et supporter un quotidien qui va être bien différent. 

De son côté, Jean-Marc s’est bien débrouillé. Il a trouvé un fabricant de chalets et mobilhomes vers LIBERTAD qui l’héberge gentiment sur son terrain. Il est donc dans un lieu sécurisé où il peut bricoler et commencer la préparation du camion en vue de sa vente à son retour en France. A une cinquantaine de km de Montevideo, c’est parfait pour attendre l’arrivée du bateau, prévue pour le 13 Avril. Forcément, le temps lui paraît un peu long tout seul, espérons que le bateau ne prendra pas plus de retard. 

LIBERTAD - EN ATTENTE DU BATEAU

 

 

LUNDI 14 AVRIL 2014

 C’est un grand jour !

 Je reprends le travail tandis que Jean-Marc et le camion quittent à leur tour

  le continent sud américain.

 

Km au compteur : 89 220 

 

Grande Aventure va se reposer 3 ou 4 semaines sur le cargo et il l’aura bien mérité. Il a parcouru 78 560 km sans jamais faiblir, sur des routes et des pistes bien souvent difficiles. Je crois qu’il mérite un grand bravo ! 

Pour Jean-Marc c’est encore quelques semaines de patience avant de nous retrouver. Il connaît la vie à bord puisque nous avions emprunté le cargo lors de notre départ. C’est repos obligatoire ; espérons qu’il aura la chance d’y retrouver des passagers français, le temps passe plus vite à discuter. Et puis, il a une mission, faire une sélection des plus belles photos parmi les milliers de photos que nous avons conservées après le tri quotidien ; la tâche ne va pas être facile. 

 

 

BILAN

 

Il est temps de faire le bilan de ce voyage, 2 ans d’une vie riche à découvrir 9 pays qui nous ont émerveillés. Nous avons côtoyé une nature merveilleuse ; que de sites superbes, de paysages fantastiques ! Et quelle diversité ! 

Nous avons souvent choisi les chemins de traverses et l’aventure ; bien que les péripéties n’aient pas manqué, nous n’avons jamais été en insécurité. Les quelques situations difficiles se sont toujours bien terminées et nous laissent que de bons souvenirs. 

Nous avons découvert un continent de toute beauté mais nous sommes surtout marqué par la gentillesse de ses habitants. Nous avons été touchés par nos nombreuses rencontres. Nous avons reçu un accueil, une aide auxquels nous ne nous attendions pas ; tant de personnes nous ont ouvert leur porte et accepté comme un des leurs, nous qui n’étions que de simples voyageurs de passage. Et puis, dans ces pays très catholiques, nous avons été étonnés de constater que nous ne quittions jamais les gens sans qu’ils nous promettre la protection du ciel et leurs prières pour que notre voyage se passe bien ; encore une marque de leur grand cœur.   

Nous avons reçu une grande leçon de générosité qui restera gravée en nous. 

En quittant ce continent, c’est à vous tous que nous pensons ; un immense merci car vous avez donné à ce voyage une autre dimension. 

Il est dur de s’éloigner d’amis sans savoir si nous réussirons à nous revoir. En tous cas, il est certain que nous ne vous oublierons jamais ! 

Les récits et photos ne sont rien à côté de ce que nous avons vécu ; nous avons néanmoins essayé de partager le maximum avec nos lecteurs et nous en profitons pour vous remercier, vous tous qui nous avez suivi dans ce périple. 

Pour certains, notre éloignement était un peu pesant et nous vous remercions pour votre courage et votre patience à attendre notre retour. 

Maintenant la vie « classique » va reprendre, avec une tête pleine de rêves pour le futur … 

 

Sans titre

 IVECO EUROCARGO 4X4 MOTORHOME