BRESIL

 

DE LA COTE DES CORAUX 

AU PARC DOS LENCOIS MARENHENSES

 

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VENDREDI 21 FEVRIER 2014

22° / 30° - Soleil / Nuageux

Installés sur la plage du village de SAO BENTO, nous regardons des pêcheurs de crevettes arpenter le bord de mer avec leurs larges épuisettes. Nous tentons de leur acheter un peu de leur précieuse pêche mais non, ils ne vendent pas. On nous dit d’aller à la petite ville suivante, à la poissonnerie ; c’est moins fun ! SAO BENTO (1)En route donc pour MARAGOGI qui est une station balnéaire agréable. Nous y faisons un grand tour à la recherche de nos crevettes. Les petits étals de pêcheurs ne vendent que du poisson et les poissonneries sont des magasins remplis de congélateurs, aucun produit frais. Nous finissons par acheter des petits poissons qui ressemblent à nos sardines.

MARAGOGI (1)Après un petit tour sur le front de mer et une photo de la plage qui est belle mais ne donne pas envie de se baigner car la baie est pleine de petits bateaux, nous repartons. MARAGOGI (3)

 Nous décidons de retourner où nous avons dormi car la plage, pleine de petites algues et pas très propre n’est pas terrible, mais la cocoteraie est bien agréable et sera l’idéal pour faire griller nos petits poissons. SAO BENTO (2)

 Alors que nous préparons notre barbecue, un couple arrive avec une assiette à la main. Ils nous disent qu’ils habitent la maison d’en face et que c’est pour nous. Ce sont des touts petits morceaux d’un coquillage qui ressemble à nos coques, avec des dés de tomates et de courgettes, dans une sauce tiède à base de lait de coco. Un régal. Quelle gentille attention ! Je pense qu’en France les gens seraient plutôt venus pour nous dire de partir parce qu’on leur cachait le paysage …

 Dans l’après-midi nous repartons explorer la côte. A chaque panneau indiquant une plage, nous allons voir. Elles sont généralement situées au bout d’un chemin de terre mais soit nous tombons sur un bar de plage sans réelle place de se stationner, soit sur une plage sauvage, généralement sale ou trop isolée pour y être en sécurité.

 Nous arrivons ainsi jusqu’à SAO JOSE DA COROA GRANDE, le dernier bourg avant que la route ne rentre de nouveau dans les terres. Par chance, devant la plage, il y a des espaces de stationnement. C’est calme et propre et nous pouvons y rester. Là encore le sable s’étend à perte de vue. Les nuages et les algues le long de l’eau n’incitent pas à la baignade et nous préférons aller faire un tour en ville.

 Km au compteur : 81 250

Km du jour : 36

 

SAMEDI 22 FEVRIER 2014

22° / 30° - Très nuageux

 Peu de temps après notre départ, nous voyons un bel hôpital municipal tout neuf ; c’est l’occasion d’y faire un tour ; non pour le visiter mais parce que j’ai une grosse dartre qui m’est apparue sur le dos il y a 2 semaines et que j’ai mal dans tout le côté dès que je suis couchée ou assise. Vous me direz, je n’ai qu’à bouger …

 La personne de l’accueil appelle à l’aide l’assistance sociale car personne ne parle anglais ou français ni même espagnol. Cette femme, plus débrouillarde, va nous établir notre fiche et nous accompagner dans chaque étape. D’abord une infirmière pour compléter la fiche de la tension, température et taux de glycémie puis un médecin qui en 3 mn note quelque chose sur la fiche et me rédige une ordonnance. Le 3è bureau est la pièce laboratoire avec 4/5 fauteuils ; là j’ai droit à une intraveineuse pour m’injecter des anti-inflammatoires. Voilà, c’est rapide et gratuit ! Je n’ai plus qu’à aller acheter mes médicaments.

 Nous reprenons notre parcours vers RIO FORMOSO où d’après notre guide il y a des dunes de sable blanc dans l’estuaire de la rivière. N’y voyant ni l’estuaire, ni les dunes, nous nous basons sur le tracé de l’estuaire sur la carte du GPS et poursuivons jusqu’à BARRA DO SIRINHAEM. Nous atteignons effectivement l’estuaire entouré d’une belle mangrove mais ne verrons jamais les dunes de sable.

 Un petit chemin côtier nous permet de suivre les plages et de trouver un petit coin sympa pour notre pause déjeuner ; ce sont de petites falaises de sable blanc couvertes de végétation ; c’est peut-être ça les dunes mais nous avons vu plus beau … Dommage le temps est toujours très couvert et du coup l’océan n’a pas une belle couleur. Comme dirait notre fils, vous devenez des touristes difficiles ; oui c’est un peu vrai.

 APRES BARRA DO SIRINHAEM (1)

 Nous ne traînons pas de trop car nous souhaitons atteindre RECIFE. C’est une ville immense et nous privilégions, comme toujours, une arrivée par la route du bord de mer, généralement plus simple. Nous longeons sur 7 km le luxueux quartier de Boa Viagem, avec son interminable barre de beaux immeubles aux noms américains, face à la mer où des panneaux rappellent que la baignade est dangereuse car c’est une zone de requins ; comme il paraît que le niveau de vie des habitants est aussi élevé que celui des familles fortunées d’Amérique du Nord, les requins ne sont peut-être pas que dans l’eau …

Nous avons programmé sur le GPS une rue où nous espérons voir une répétition pour le carnaval qui a lieu dans une semaine. Il nous mène à bon port mais ici le quartier est ancien et plutôt désert et nous cherchons une rue plus vivante pour stationner le camion. Un poste de police militaire nous rassure et nous partons à pieds.

 Nous tombons effectivement sur un groupe de musiciens qui fait le tour du quartier ;

 RECIFE (1)

RECIFE (2)

 les tambours retentissent, c’est sympa et vivant.

 RECIFE (3)

 En poursuivant dans les rues alentours, nous constatons que d’autres groupes et orchestres sont disséminés dans le quartier. Un grand podium où les concerts vont se succéder est également installé.

Nous revenons au camion et regardons sur le plan où nous sommes ; en fait, au cœur  du vieux Récife, un quartier en cours de réhabilitation, ce qui explique qu’il y ait de belles rues et d’autres moins avenantes.

 Lorsque nous repartons dans les rues 2 H plus tard, c’est plein d’orchestres partout, de gens déguisés qui dansent, les bars ont envahis les rues de tables et de chaises. Des artistes probablement connus se produisent sur les scènes et la foule est dense.

Nous découvrons l’ambiance des fêtes brésiliennes, et ce n’est pas rien ! En fait nous sommes entre 2 pôles très animés ; c’est super pour la ballade et l’ambiance mais pour le bruit, nous ne pouvions guère faire mieux. Nous décidons néanmoins de ne pas bouger car nous n’avons aucune idée où trouver un lieu sécurisé dans cette ville et encore moins de nuit.

 Mais à minuit, nous changeons d’avis en voyant pas mal de jeunes plutôt excités circuler dans la rue. Par sécurité, nous préférons chercher un autre coin et nous stationnons finalement sur un grand parking le long de la rivière. Il y a un camion et quelques kiosques en toile surveillés par un gardien. C’est le long d’une grande avenue mais à cette heure il n’y a plus trop de passage.

 Km au compteur : 81 415

Km du jour : 165

 

DIMANCHE 23 FEVRIER 2014

22° / 30° - Très nuageux

Nous avons encore mal choisi notre coin ; après avoir été au centre de la fête hier soir, nous sommes ce matin au cœur d’un marathon !

A 6 H, nous entendons discuter de partout et constatons que nous sommes entourés d’une centaine de sportifs. Les kiosques en toile étaient là pour l’organisation d’une course à pieds et les participants n’arrêtent pas d’arriver. Nous nous levons en vitesse et quittons les lieux avant de ne plus pouvoir bouger.

 Nous retournons à notre emplacement d’hier soir car il y avait la wifi. Tout est redevenu calme et seuls les balayeurs s’affairent.

 Après avoir fait un coucou à la France, nous nous dépêchons de partir car des policiers ferment toutes les rues aux alentours. C’est probablement une journée pré-carnaval car de nombreux gradins ont été installés. C’est un peu dommage de partir mais il est trop dur d’obtenir des informations, et se mêler à des milliers de personnes, avec les inévitables débordements, n’est pas rassurant.

 Nous pensions nous rendre à OLINDA, une ville balnéaire toute proche, paraît’il très belle mais là aussi tous les accès à la ville ont été fermés.

 Nous décidons de poursuivre notre montée vers le nord par les terres jusqu’à GOIANA, une ville morte en ce dimanche ; ici c’est vraiment tout ou rien. Nous reprenons la petite route de bord de mer qui nous mène à PITIBUM et cherchons de l’eau dans le village car nous n’avons pas pu en prendre à la station service qui fonctionnait sur un puits. Par chance, nous trouvons un robinet sur une placette et les habitants des maisons environnantes viennent discuter. Il y a peu de pression et cela dure un certain temps …

 Nous cherchons une plage et faisons plusieurs tentatives de routes de terre mais sans succès. Lorsque enfin nous trouvons un beau coin, nous avons la mauvaise surprise d’entendre de l’air s’échapper du camion ; un petit tuyau plastique sous pression s’est usé par le frottement et a un petit trou. Nous réussissons à peu près à stopper la fuite en scotchant le trou mais ne sachant pas quelles peuvent être les conséquences, nous préférons quitter cet endroit éloigné de tous secours et rejoindre un village.

 Nous arrivons ainsi à JACUMA ; c’est petit mais il y a un coin de plage aménagé et un parking propre juste devant.

Un homme vient immédiatement discuter ; très enthousiaste, il essaie de se faire comprendre et réussit tant bien que mal. Le concept voyage le passionne, il est admiratif du camion et voudrait que nous passions chez lui dans 3 jours, quand il regagnera son domicile à une cinquantaine de km de là. Encore une gentille invitation qui ne sera malheureusement probablement pas réalisable. Un autre homme est arrivé sur les entre faits et lui aussi reste à discuter. Il réussit à nous convaincre de nous emmener demain matin voir de beaux endroits situés non loin mais avec son véhicule car le nôtre semble trop gros. Après ce cours intensif de portugais, nous sommes épuisés ; c’est vraiment très dur pour nous de les comprendre mais ils sont tous si gentils ! Et puis cela donne un bon côté à cette vilaine journée.

Ce soir, ce sera au lit de bonne heure, avec le bruit des vagues …

 Km au compteur : 81 561

Km du jour : 146

 

LUNDI 24 FEVRIER 2014

22° / 30° - Très nuageux / Pluie / Soleil

 Nous partons à 8 H avec notre guide découvrir des petits coins qu’il faut connaître pour y accéder.

 D’abord quelques maisons de pêcheurs situés sur une piste à la sortie du village. A LA SORTIE DE JACUMA (2)

 Puis de belles plages, Gramame, Tabatinga, qui sont situées au bout d’un dédale de chemins de terre.

Beaucoup de rivières viennent se jeter dans la mer en formant de beaux lagons.

 GRAMAME (1)

 Les falaises colorées donnent aussi un certain  cachet au paysage.

 TABATINGA PLAGELe temps n’a décidemment pas décidé de se remettre côté soleil et les couleurs de la mer sont moins belles avec le ciel nuageux.

 En chemin, nous nous stoppons pour voir de près les arbres portant le fruit « Cajou ». Mûr, le fruit prend une couleur orangée. Son extrémité porte la fameuse noix de cajou. Le fruit n’a pas un goût super et en tous cas, cela colle bien les doigts !

 NOIX DE CAJOU (1)

NOIX DE CAJOU (2)A peine rentrés, une forte pluie s’abat ; la mer est déchaînée et les palmiers pliés sous le vent. Au bout de 15 mn, tout rentre dans l’ordre, il ne reste que les marres d’eau. Cela a dégagé le ciel et dans l’après-midi nous avons de beaux passages ensoleillés. Si ce n’était pour les couleurs, on préfèrerait le temps couvert qui évite à la température de trop grimper.

 L’endroit est agréable et nous y restons pour aujourd’hui.

 JACUMA (3)

JACUMA (7)

 Jean-Marc s’occupe de la fuite d’air ; en démontant la grille de devant, il y accède plus facilement et peut mettre un point de colle sur le tuyau avant de re-scotcher. Cela nous permettra peut-être de rouler un peu sans avoir de problèmes.

 Km du jour : 0

 

MARDI 25 FEVRIER 2014

22° / 31° - Soleil

 En se levant, le soleil me fait un clin d’œil ; vite une photo avant de replonger un peu. C’est un des bons côtés des bivouacs en bord de plage, ouvrir les yeux et profiter d’un beau paysage.

 JACUMA (5) LEVE DE SOLEIL

 Nous repartons pour un petit bout de route et passons par la ville de JOAO PESSOA qui a un beau front de mer bordé d’immenses plages et de parkings. Nous y faisons un arrêt pour profiter de la belle plage.

 L’après-midi nous roulons quand même un peu ; la route rentre dans les terres et il n’y a rien de spécial.

 En atteignant GOIANINHA, nous trouvons un réseau wifi et restons finalement sur la ville.

 Km au compteur : 81 735

Km du jour : 174

 

MERCREDI 26 FEVRIER 2014

25° / 32° - Soleil

 Stationnés en pleine ville, nous sommes réveillés tôt.

Nous décidons de faire un aller retour vers la mer ; à cause des rivières, il n’y a pas de route côtière dans ce secteur.

De bonne heure, nous partons pour TIBAU DO SUL, un village installé sur une pointe, le long d’un estuaire. A l’entrée du village, le point de vue sur l’estuaire est admirable.

 TIBAU DO SUL (2)

La plage, de sable blanc, au bout de la pointe, est bordée d’un côté par l’océan plutôt déchaîné, et de l’autre par l’estuaire aux eaux calmes.

 TIBAU DO SUL (6)

 Il est tôt et les paillotes commencent seulement à sortir leurs tables et chaises. C’est beau et calme. De l’autre côté de l’estuaire, les dunes de sable, non accessibles par la route, restent sauvages.

 TIBAU DO SUL (7)

 Après cette pause, nous poursuivons vers Praia DA PIPA, un village de pêcheurs devenu une station balnéaire mais parait-il très beau car perché sur une colline dans la végétation.

 Nous le traversons en nous faufilant du mieux possible dans sa longue rue principale. Elle est fleurie et il est vrai assez jolie, même si restaurants et boutiques sont les uns sur les autres. De belles petites ruelles avec leurs escaliers et maisonnettes lui donnent du charme. Par contre, nous le traversons sans apercevoir sa plage renommée car chaque m² est occupé et seuls les hôtels et restaurants ont probablement vue sur l’océan. Nous sommes contents d’en sortir et ce sera notre seul aperçu de cette station balnéaire où il est impossible de se stationner.

 Avant de repartir dans les terres, nous décidons de repasser par Tibau do Sul, avec un arrêt sur le bord de mer à un point de vue. Il surplombe une immense et magnifique plage située en contrebas de la falaise. Accessible uniquement par des escaliers, seul un grand bar y est installé. BELVEDERE DA PIPA (2)

 Un peu plus loin, nous nous stoppons sur une falaise ; sa couleur ocre sublime le bleu de l’océan ; derrière, de grandes dunes de sable recouvertes de végétation complètent ce beau paysage.

 FALAISES DA PIPA (3)

FALAISES DA PIPA (4)

 Nous retrouvons TIBAU DO SUL où des touristes sont maintenant arrivés mais cela reste un bien joli endroit. Le beau sable et l’eau calme du côté estuaire nous incite à la baignade.

 Puis demi-tour et retour sur GOIANINHA et la grande route où nous faisons peu de km, juste de quoi passer la rivière, avant de repiquer vers la côte en direction de BARRA DE TABATINGA. Plusieurs petits villages se suivent mais les propriétés sont implantées sur la mer, sans accès libre.

 Un beau petit coin, dans une belle anse avec un banc de sable, finit par se présenter. De gros rochers font barrière aux rouleaux de l’océan et créent des piscines naturelles bien agréables.

En nous baladant le long de la mer, nous constatons une fois encore qu’une maison sur deux est à vendre. Ce sont sûrement des résidences secondaires et les Brésiliens ont l’air d’acheter et de revendre assez rapidement.

 Nous y passons l’après-midi et finalement y restons pour le bivouac.

 BIVOUAC PRES DE BARRA DE TABATINGA (1)

 Km au compteur : 81 841

Km du jour : 106

 

JEUDI 27 FEVRIER 2014

25° / 34° - Soleil

 En quittant BARRA DE TATINGUA, nous avons un bel aperçu de cette côte, avec ses villages blottis aux creux des dunes.

 APRES BARRA DE TABATINGA (2)

 Ce matin, en route pour voir le plus grand cajueiro (arbre à noix de cajou) du monde !

Il paraît qu’il fournit 70 000 noix de cajou chaque saison.

En fait, nous sommes un peu déçus ; nous ne voyons pas un arbre mais une forêt car ses branches pénètrent dans la terre pour ressortir plus loin ; c’est donc un enchevêtrement de branches que nous découvrons. En plus, ce n’est pas la saison des noix … Respect quand même pour ses 120 ans.

 PIRANGI - ARBRE NOIX DE CAJOU (2)

Nous poursuivons vers NATAL, une de ces immenses villes brésiliennes que nous n’avons pas l’intention de visiter ; nous voulons juste nous arrêter dans un grand centre commercial où nous avons une chance de trouver l’agence téléphonique Claro. Cet opérateur, bien représenté à Brasilia, est plutôt discret sur la côte. Après avoir tourné un peu, nous trouvons notre bonheur et rechargeons notre carte internet ; c’est bien pratique, même si généralement il n’y a pas de réseau dans les villages.

 Nous quittons la ville par le bord de mer et longeons de grandes dunes de sable habillées de végétation. Toute la région en est pleine. Entre ça et les rivières qui rejoignent l’océan, nous sommes sans cesse obligés de rentrer dans les terres puis de repartir vers la côte ; aucune route ne suit la côte.

 Pour notre arrêt du jour, nous choisissons ZUMBI, encore un village inconnu par notre carte. Impossible d’avoir une carte détaillée avec un pays si grand. Ici pas de touristes et un petit parking en front de mer.

 ZUMBI (1)

Nous voyons au loin de toutes petites embarcations toutes voiles dehors. Leurs arrivées sur la plage nous confirment que ce sont des pêcheurs bien téméraires pour partir en mer sur un si petit bateau.

 ZUMBI (7)

 Ils pêchent apparemment au fusil et les prises sont posées sur le minuscule pont ; ils n’ont même pas de cale.

 ZUMBI (9)

 Une énorme raie a été découpée en morceaux et une vingtaine de gros poissons sont accrochés. Il y a aussi un beau poisson rose que les pêcheurs ne semblent pas connaître car il passe de mains en mains. Une pêche bien artisanale !

 ZUMBI (11)

 Le village s’endort rapidement et nous sommes bien au calme.

 Km au compteur : 81 968

Km du jour : 127

 

VENDREDI 28 FEVRIER 2014

25° / 33° - Soleil

 En rejoignant le village suivant, TOUROS, nous trouvons enfin un marché aux poissons. Il est juste composé de quelques étals dont la majorité des poissons nous est inconnue. Nous choisissons de la raie et une tranche d’un très gros poisson blanc, nous testerons.

 Un peu après la ville, nous nous rendons au phare de Touros ; ouvert aux visites uniquement le dimanche, nous le voyons de l’extérieur de l’enceinte. C’est le plus haut du pays mais c’est surtout lui qui marque le point 0 de la fameuse route nationale, la BR 101, qui longe la côte brésilienne jusqu’à l’Uruguay, à quelques 4 500 km. Entre notre premier passage au Brésil et cette année, nous en avons effectué un sacré tronçon ; on pourrait presque dire qu’elle va nous manquer.

 PHARE DE TOUROS

 Nous poursuivons ensuite jusqu’au village de SAO MIGUEL DO GOSTOSO ; nous espérions qu’avec ses 10 km de plage, nous trouverions notre bonheur mais non, il n’y a pas de front de mer et juste un ou deux accès entre les maisons avec un tout petit parking devant une plage moyenne où les vagues déferlent fort. Nous y passons quand même l’après-midi. Un point positif, il y a un bon glacier.

 Nous restons dormir sur le parking.

 Km au compteur : 82 169

Km du jour : 201

 

SAMEDI 1er MARS 2014

25° / 34° - Soleil

Nous quittons le village par la piste qui mène à PARAZINHO et rejoint ensuite le village de SAO BENTO DO NORTE mais là encore il n’y a pas de front de mer ; tout le bord de l’océan est occupé par les maisons.

 Ensuite nous partons pour un jeu de pistes qui va nous faire traverser quelques villages isolés au milieu d’une nature aride où seuls des arbustes et broussailles remplissent le paysage. Nous ne savons pas trop par où nous sommes passés car ce ne sont que des bouts de piste que nous enchaînons au mieux possible avec les tracés du GPS et les informations des quelques personnes croisées. Certains tronçons sont sablonneux mais ne poseront pas de problème. Nous sommes dans les terres et la température est bien élevée, sans vent.

 Après être passés par JANDAIRA, seul nom que nous avons sur notre carte, nous retrouvons le goudron et prenons la direction de MACAU, une région de salines. Nous y faisons une grande boucle pour atteindre PORTO DO MANGUE, un petit village d’où nous pouvons récupérer la route côtière.

 Le paysage change radicalement et nous nous trouvons entourés de magnifiques dunes de sable qui plongent dans la mer. La vue de l’océan doit être superbe mais la distance qui y mène est un peu trop importante pour que nous tentions de nous y rendre à pieds dans le sable.

 APRES PORTO DO MANGUE (1)

 Un petit bout de route qui grimpe une colline nous offre une vue panoramique sur les alentours. 

APRES PORTO DO MANGUE (5)

APRES PORTO DO MANGUE (6)

 En bas, le petit village a vraiment les pieds dans l’eau.

 APRES PORTO DO MANGUE (7)

 Puis la route suit la plage sauvage mais malheureusement pas entretenue et nous arrivons à PONTA DO MEL, un village où nous devons bivouaquer car le soleil est déjà bas. Un petit morceau de goudron en cul de sac devant la mer et bordé par des maisons, nous convient parfaitement. Lorsque nous nous y installons, tout est calme mais une heure plus tard, des voitures arrivent dans la maison devant nous ; les passagers ont tous leur hamac sous le bras, c’est mauvais signe. Effectivement la sono se met en route et nous, nous fuyons. Nous reculons à l’extrémité du bout de l’impasse ; le son puissant arrive jusqu’à nous mais nous ne sommes quand même plus aux premières loges. Il ne faut pas oublier que nous sommes samedi soir et en plus, c’est la semaine du carnaval, c’est donc la fête partout. Les familles et amis se retrouvent, mettent la musique à fond et sortent les caisses de bière…

 Mais finalement le pire est à venir ; le bar allume lui aussi sa sono. Il est situé à l’autre extrémité de la rue et il couvre le son de la maison que nous avions fuie. On jurerait qu’il est à 3 m de nous ; c’est juste de la folie ! Tout aussi incroyable, nous nous endormons sans trop de difficultés ; nous ne saurons pas à quelle heure s’est terminée la fête …

 Km au compteur : 82 300

Km du jour : 131

 

DIMANCHE 2 MARS 2014

25° / 33° - Soleil

 Cela fait plusieurs jours que nous cherchons une connexion internet qui fonctionnerait ; les connexions Claro ou les 2, 3 réseaux non sécurisés trouvés sont tellement faibles que nous ne réussissons pas à nous connecter. Nous décidons donc de partir pour une ville plus importante, dans les terres, à MOSSORO.

 La région est plutôt désertique et à part des puits de pétrole, nous ne voyons pas grand-chose, ah si, des parcs d’éoliens. Cela fait plusieurs jours que nous en voyons partout sur le haut des collines, en bord de mer. C’est probablement ce qui alimente les quelques villages disséminés et bien isolés que nous traversons.

 Arrivés à la ville, c’est guère mieux, tous les habitants semblent avoir fui. Le dimanche c’est généralement ville morte mais là c’est encore pire. Pas de voitures, pas de piétons, rien ne bouge. Cela nous permet de sillonner la ville à la recherche d’une connexion. Claro n’est décidément pas implanté dans cette région mais nous finissons par trouver une connexion non sécurisée devant un petit centre commercial fermé. Repérés par le gardien, nous lui expliquons que nous essayons de nous connecter mais que le signal est faible. Il nous propose de nous ouvrir la grille pour qu’on se connecte à l’intérieur. Comme c’est un peu gênant, nous installons finalement notre table et nos chaises devant la grille et cela ne fonctionne pas trop mal. Nous y passons l’après-midi, en plus nous sommes à l’ombre, avec un peu de fraîcheur.

 Nous faisons nos recherches pour organiser le retour et ce n’est pas facile. Enfin le principal est fait, nous donnons notre accord à la compagnie maritime CMA pour acheminer le camion en flat rack de Fortaleza au Havre. Le problème de la douane au Havre n’est pas solutionné mais CMA s’en occupe et comme nous serons en France avant le camion, nous pourrons plus facilement démêler cette affaire. En tous cas, Grimaldi, qui a « exporté » le camion lors de notre départ du Havre, ne semble pas très clair.

 En fin de journée, nous cherchons un endroit pour dormir. Tout est tellement calme que nous n’osons pas nous stationner dans une rue déserte. Nous trouvons finalement de la place le long de l’hôtel Ibis, devant le parking de l’hôtel. Au moins, nous ne sommes pas seuls et c’est bien plus calme qu’hier soir.

 Km au compteur : 82 373

Km du jour : 73

 

LUNDI 3 MARS 2014

25° / 35° - Soleil

Ce matin quelques magasins alimentaires ont ouvert mais rien d’autres, c’est férié pendant les 5 jours de carnaval et la ville est encore bien vide.

 Après les courses, les pleins de gasoil et d’eau qui encore une fois n’est pas facile car il n’y a aucune pression, nous partons pour CANOA QUEBRADA, appelé le mini Saint-Tropez tropical. Au moins c’est clair, nous ne nous attendons pas à un village de pêcheurs authentique ! Par contre, cela reste un petit village perché sur une falaise et il est vrai que le site est assez exceptionnel : un paysage de roches rouges, des dunes au loin et une plage à perte de vue. En plus, une grande passerelle surplombe l’immense plage et offre une vue magnifique.

 CANOA QUEBRADA (2)

Apparemment le village a été découvert par les hippies dans les années 1970 ; ils y ont laissé un croissant de lune et une étoile peints sur la roche, devenus le symbole du lieu. Toute l’animation se concentre sur la rue principale bordée d’hôtels, restaurants et magasins et nommée Broadway … Des sonos sont installées dans la rue dont l’une, un peu rétro, est assez mignonne.

 CANOA QUEBRADA (3)

CANOA QUEBRADA (4)

 Je ne dis pas que j’y passerais mes vacances, mais le lieu n’est pas désagréable et la plage magnifique est bien tentante. Dommage, le camion stationné à l’entrée du village est un peu loin pour que l’on aille piquer une tête. Ici pas de possibilités d’approcher du bord de mer avec un véhicule de notre taille.

 Après avoir déjeuné d’un bon poulet grillé, nous allons vers un autre village, annoncé lui comme un village de pêcheurs. Effectivement, PRAINHA DO CANTO VERDE n’a rien de touristique. A part une rue goudronnée qui mène à la plage, toutes les autres sont en sable et les maisons semblent s’être posées sur ce beau sable blanc.

 PRAIANHA DO CANTO VERDENous réussissons à nous stationner tout au bout de la rue goudronnée qui finit au ras du sable. Comme tout village non touristique, l’endroit n’est pas super propre mais la plage est grande et belle. Par contre, il n’y a pas de récifs pour la protéger et les vagues déferlent avec force. Vu la chaleur, nous allons quand même nous jeter à l’eau et jouer dans les vagues mais il faut vraiment rester au bord car la puissance des vagues nous bouscule très vite. C’est incroyable, on a vraiment l’impression de prendre des seaux d’eau chaude sur nous ; si je le dis, c’est vraiment qu’elle est chaude !

 Bien installés, nous restons là pour le bivouac.

 Km au compteur : 82 532

Km du jour : 159

 

MARDI 4 MARS 2014

25° / 32° - Nuages et soleil

 Surprise, c’est la pluie qui nous réveille au lever du jour. Quand nous partons, seuls les nuages persistent et la température est quand même élevée. Nous nous rendons sur un site annoncé comme très touristique, MORRO BRANCO. Effectivement, nous sommes loin d’être seuls, d’autant plus que nous sommes en période de vacances de Carnaval.

 Outre la belle plage, ce sont surtout les falaises qui attirent les foules ; en sable de différentes couleurs, elles sont magnifiques.

 MORRO BRANCO (12)

Nous pouvons y effectuer un petit parcours nous permettant d’y découvrir les canyons creusés par l’eau.

 MORRO BRANCO (10)

 Du haut, leurs belles couleurs se détachent sur le bleu de la mer.

 MORRO BRANCO (9)

Tout le long des falaises, des filets d’eau sortent de la roche.

 MORRO BRANCO (11)

 La ballade terminée, nous nous dirigeons vers FORTALEZA. Nous profitons que la circulation soit réduite pour passer par le port pour repérer un peu les lieux puisque c’est là que nous devrons amener le camion pour son embarquement vers la France. Puis direction l’office de tourisme pour connaître les festivités de ce dernier jour de carnaval. Il s’agit principalement de groupes musicaux le long des plages ; nous irons voir ce soir.

 Maintenant, le plus dur reste à faire, se stationner. Nous tournons un peu mais trouvons une petite rue près de la plage. Le lieu semble assez calme et non loin des lieux de manifestations de ce soir, cela devrait aller.

 A 21H, nous rejoignons le lieu du concert. Beaucoup de gens sont déjà amassés devant la scène où se produit un groupe folklorique. Il est suivi par un chanteur qui semble apprécié car les gens chantent et dansent. Pour nous l’intérêt est limité et nous partons assez rapidement. La foule s’est densifiée ; toute la rue et les bords de plage sont pleins. Tout le monde n’écoute pas le chanteur ; c’est surtout le point de rendez-vous, de vie.

 L’office du tourisme nous avait indiqué un deuxième lieu où nous voudrions nous rendre mais finalement le plan est à grande échelle et c’est plus éloigné que nous pensions. Comme nous ne voulons pas emprunter les petites rues, après une ballade le long de la mer, nous rentrons au camion.

 Nous passons une bonne nuit, pas trop bruyante.

 Km au compteur : 82 687

Km du jour : 155

 

 MERCREDI 5 MARS 2014

25° / 36° - Soleil

La journée commence mal ; nous avons un message de la CMA qui dénonce notre cotation pour la traversée maritime du camion, suite à une grosse erreur de prix. Après un mois et demi d’échanges de mails, c’est plutôt décourageant.

Nous sommes donc de nouveau au point 0 à attendre leur nouvelle cotation et la faisabilité de l’opération alors que nous pensions embarquer le camion dans 15 jours !

 Comme malheureusement nous ne pouvons pas faire grand-chose pour l’instant, nous maintenons notre programme, c’est-à-dire partir visiter le Parc National Dos Lençois Maranhenses situé sur la côte nord, dans un endroit pas facilement accessible ; encore beaucoup de km en perspective mais l’endroit est réputé magnifique.

 A l’aller, nous privilégions le trajet par l’intérieur des terres pour perdre le minimum de temps ; direction SOBRAL par une nationale correcte. Nous traversons une zone vraiment très aride même si à un moment surgissent quelques lacs.

La chaleur est étouffante, l’air bouillant et l’eau froide au robinet est plus que tiède. Heureusement, le frigo fonctionne bien.

 Le trajet pour la ville suivante, TIANGUA, est plus agréable. Des collines couvertes d’arbustes apparaissent puis la route s’élève progressivement et rentre dans une forêt. Un vrai bonheur de sentir de la fraîcheur et un peu d’humidité.

 TIANGUA sera notre halte du jour ; à environ 800 m d’altitude, il y fait bon et il y a un marchand de glaces sur la placette où nous nous installons ; que demander de plus !

 Km au compteur : 83 017

Km du jour : 330

 

JEUDI 6 MARS 2014

22° / 35° - Soleil

 La vie a repris aujourd’hui, tous les magasins sont ouverts ; les vacances de Carnaval sont finies.

 Aujourd’hui notre trajet va être moins simple ; nous allons devoir enchaîner des petites routes pour couper et remonter vers la côte.

Nous avons consulté les forums de voyageurs, les sites de cartographie, notre GPS, notre carte routière … et bien-sûr aucun ne donne la même information ; par contre le guide dit que c’est faisable uniquement avec les taxis 4X4 Toyota car il y a de l’eau et des dunes. A nous de voir …

 Nous retrouvons l’aridité où seules les chèvres semblent se plaire.

 Passés VICOSA DO CEARA, la route pour PADRE VIEIRA, indiquée comme une piste sur notre carte routière est finalement goudronnée. Vers BURTI DOS LOBES, nous trouvons également un pont qui figurait sur le GPS mais pas sur la carte. C’est donc pas mal.

 Un peu plus loin, nous arrivons à une bifurcation et là gros dilemme. La ville côtière de TUTOIA n’est qu’à quatre-vingts km mais ensuite nous savons que la piste de 30km qui mène à notre destination, BARREIRINHAS, n’est pas faisable avec le camion. Soit nous allons à Tutoia et prenons un taxi 4X4 puis un hôtel pour visiter le parc, soit nous faisons le tour par les routes et alors c’est 600 km !!

Moi je ne veux pas faire tous ces km et finalement nous partons vers Tutoia. Comme Google Earth et Google maps ont des tracés de piste dans la région qui ne figurent ni sur la carte ni sur le GPS, peut-être aurons-nous une autre alternative.

Avant d’arriver à Tutoia, nous questionnons un camionneur ; effectivement il y aurait une piste qui pourrait être empruntée par le camion, à 25 km de Tutoia. Voilà déjà une première information qu’il va falloir vérifier.

En tournant un peu dans Tutoia, nous voyons un taxi collectif 4X4 et nous l’interrogeons. Lui aussi parle d’une piste qui part sur la gauche avant d’atteindre Paulino Neves. Il nous dit d’y aller et qu’il nous verra sûrement sur la route car il va à Paulino Neves.  

Et voilà comment nous allons tenter d’atteindre Barreirinhas par une piste.

 A 20 km, une grande piste part vers la gauche ; ce pourrait bien être la nôtre. Nous nous arrêtons et pendant que nous dégonflons un peu nos pneus en prévision du sable, le taxi passe. Il nous confirme que c’est la bonne ; en avant !

 Le début est bon ; il y a quelques villages avec des bifurcations et nous nous stoppons à chaque fois pour demander confirmation du trajet. A une bifurcation isolée, nous attendons le passage de quelqu’un avant de continuer. Puis la piste se dégrade, grosses ornières, sable, et forcément nous doutons d’avoir bien suivi la bonne. Une mobylette nous confirme encore que nous sommes sur la bonne direction mais nous nous méfions beaucoup des locaux qui ne circulent jamais très loin de chez eux.

 A 17 H 15, nous traversons un village et décidons de nous y arrêter pour la nuit. Nous voyons plusieurs taxis 4X4 passer et même un camion chargé de briques. C’est réconfortant car il arrive dans l’autre sens ; si il est passé, nous devrions passer aussi et rejoindre cette fameuse ville.

 Dès la tombée de la nuit le village s’endort et nous, nous luttons contre la chaleur dans la cellule ; sans le vent de la mer, la température a du mal à descendre.

 Km au compteur : 83 326

Km du jour : 309 

 

VENDREDI 7 MARS 2014

24° / 33° - Nuages et soleil

Nous poursuivons notre piste ; son tracé est plus simple qu’hier, par contre, il y a quelques passages difficiles, avec de petits ponts, des arbres un peu bas, une piste sablonneuse étroite entre les buissons … PISTE POUR BARREIRINHAS (1)

Par endroits, les rivières forment de beaux petits lacs entourés de végétation. PISTE POUR BARREIRINHAS (3)

 

 Nous traversons aussi des villages typiques aux maisons rudimentaires. 

PISTE POUR BARREIRINHAS (5)

 Au bout de 2H30, nous atteignons le goudron qui mène à la ville de BARREIRINHAS. Longue de 78 km, cette piste nous aura quand même pris un peu plus de 3H30 et n’est faisable qu’avec un véhicule 4X4. Nous sommes bien contents d’avoir réussi à atteindre cette ville car ce n’était pas gagné et le détour de 600 km était vraiment de la folie.

 Maintenant à la ville, il faut passer aux choses sérieuses, se connecter à internet pour voir si nous avons une réponse de la compagnie maritime. Forcément, la carte Claro a décidé de ne pas fonctionnée et nous partons à la recherche d’un cyber mais pas de message de CMA. Nous nous rabattons sur le téléphone pour avoir des nouvelles et là, grosse déception. La compagnie a changé le sens de rotation de ses navires et clairement ils ne veulent plus prendre le camion qui va leur poser problème à chaque escale. Vu sa taille, il doit voyager dans un container ouvert qui devra donc être sur le dessus des autres et sera donc gênant lors des chargements et déchargements. Sans vraiment vouloir nous dire non, ils nous augmentent notre prix de « 3000 $ en espérant nous décourager en disant que le trajet va durer plus longtemps puisqu’ils feront plus de ports. Notre interlocuteur se bat en protestant que ce n’est pas admissible et doit nous tenir informé ….. Nous raccrochons plutôt dépités. Plus d’un mois et demi pour en arriver là !

 La stupéfaction passée, nous réalisons que le plus grave n’est pas le prix que le commercial tente encore de négocier mais le fait que le camion risque d’être déchargé et rechargé dans tous les ports des Antilles où le navire va faire escale. Le savoir dans les airs dix fois, accroché au bout d’une grue, déposé dans les ports, peut-être oublié car il est clair que la compagnie n’en veut plus, n’est pas à notre goût ! Il faut être réaliste, le risque est énorme. Et puis, la compagnie pourrait aussi le refuser le jour de l’embarquement sous un motif ou un autre. Nous avons déjà perdu trop de temps, nous n’avons plus le choix, il nous faut redescendre en Uruguay pour rentrer, comme nous sommes partis, en RoRo, c'est-à-dire sur un navire spécialisé dans le transport des véhicules, avec une rampe d’accès et un chargement dans les soutes. C’est dur à accepter mais c’est la seule solution raisonnable, même si cela bouleverse tout, nous empêche de rentrer dans les temps.

 Nous sommes venus ici pour visiter un beau parc national, alors oublions un peu cette nouvelle péripétie et profitons de ce lieu.

Le parc DOS LENCOIS MARANHENSES n’étant pas accessible par ses propres moyens, nous partons voir une agence de tourisme et réservons l’excursion classique pour l’après-midi.

 A 14 H, nous sommes 10 à embarquer dans un gros 4X4 Toyota qui après avoir franchi la rivière sur une barge pénètre dans le parc par des pistes de sable profond. Pourtant habitués au 4X4 dans le sable, nous sommes impressionnés. Sans jamais ralentir, le chauffeur enchaîne les ornières et les trous d’eau ; ça c’est du 4X4 ; nous sommes bien secoués mais ne serons jamais obligés de pousser ! PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (2)

 Il nous dépose aux pieds des dunes avec un guide qui va nous faire effectuer un petit parcours d’une trentaine de minutes où nous grimpons sur les dunes d’un sable blanc aveuglant pour découvrir les fameux trous d’eau douce.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (3)

 C’est très beau mais pas aussi fantastique que nous l’espérions. Il est vrai que nous ne sommes pas à la meilleure période car il n’y a pas encore beaucoup d’eau.

 Escalader et dévaler les pentes, traverser l’eau tiède reste néanmoins sympa et inhabituel.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (9)

PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (11)

 Nous allons jusqu’à la Laguna Peixe, qui a le plus d’eau, pour la pause baignade. Il est certain que l’on ne se baigne pas tous les jours dans un lac au milieu des dunes et c’est bien appréciable.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (15)

Par contre, toutes les agences partant et revenant à la même heure, cela fait quand même une concentration de touristes assez importante.

 La pause étant assez longue, nous en profitons pour aller faire un tour un peu plus loin. 

PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (19)

PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (21)

 Sur le chemin du retour, nous dominons la rivière et voyons bien son cheminement entre les dunes. PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (29)Le soleil est plus bas et les couleurs différentes.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (26)

PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J 1 (30)

 Le retour en 4X4 sera de même, un rodéo dans le sable.

 A peine rentrés, nous décidons de chercher une agence pour faire une autre excursion demain mais nous voudrions en trouver une qui propose un guide parlant au moins un peu anglais. Cela n’a pas l’air évident, mais on nous dit que le guide pourra nous donner quelques explications en anglais. Nous réservons donc pour demain.

 Nous passons la nuit sur la grande place au bout de la rue principale. C’est tout proche de la rivière et nous espérons y avoir un peu d’air.

 Km au compteur : 83 397

Km du jour : 71

 

SAMEDI 8 MARS 2014

23° / 34° - Pluie / Nuages / Soleil

Une forte pluie tombe par intermittence depuis la fin de la nuit dont une bonne averse tropicale à 8H alors que nous nous préparons à partir pour l’excursion. Les ponchos jaunes vont de nouveau nous être utiles. Nous attendons quand même une petite accalmie et courons à l’agence située à 2 mn.

Les rues sont inondées, d’où l’intérêt de marcher en tongs !

 BARREIRINHASLe départ est un peu retardé en attendant que le ciel devienne plus clément. Nous embarquons à une dizaine de personnes sur un hors bord pour descendre le Rio Preguiças. Par endroit, il ralentit pour nous permettre d’admirer la mangrove.

PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (3)

 

PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (8)

 

 Lors du premier arrêt, à VASSOURAS, nous sommes accueillis par de mignons petits singes très joueurs. PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (10)

Mais l’intérêt est d’aller marcher dans les dunes du Petit Lençois où se situent des dunes moins hautes que celles vues hier.

 La ballade est libre et nous pouvons partir à la découverte d’un paysage superbe, seuls au milieu des dunes.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (14)

PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (16)

 Enfin, nous ne sommes pas si seuls que ça, un troupeau a également trouvé le coin sympa. PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (18)

 Dans chaque creux se cachent des lacs plus ou moins grands.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (17)

C’est vraiment magnifique et nous trouvons l’endroit beaucoup plus beau qu’hier ; il y a plus de lacs, plus d’eau, des dunes majestueuses à perte de vue où l’on aurait vite fait de se perdre et plus personne dès qu’on s’éloigne un peu. On peut y écouter le silence de cet espace infini ; un grand moment fantastique.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (19)

 Puis nous nous rendons à MANDACARU, un petit village de pêcheurs ; là c’est une bonne giboulée qui nous accueille. Avec un peu de patience, nous atteignons son phare sans nous faire mouiller.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (24)

La récompense est en haut de l’escalier en colimaçon,

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (25)

 une superbe vue sur la forêt, le village, le fleuve, l’océan et sa plage, même si les couleurs sont un peu palichonnes sous les gros nuages et la pluie au loin qui tombe sur les dunes et remplit les lacs.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (27)

PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (28)

 Un bel arbre caju trône dans le parc.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (29)

 Nous repartons pour notre destination finale, le village de CABURE posé sur une langue de sable.

Il y a juste quelques cabanes de pêcheurs qu’ils utilisent lorsqu’ils viennent pêcher et 2,3 restaurants à touristes aux prix exorbitants.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (32)

 Il y a plus de "mouettes brésiliennes" que d’habitants.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (31)

 C’est là que nous faisons la pause déjeuner et baignade. Nous avons le choix entre la rivière mais son bord noir ne fait pas envie et l’océan aux grosses vagues.

Par contre, les dunes de sable qui forment les plages sont très belles.

 Après un arrêt de 2H30, nous prenons le chemin du retour avec encore quelques arrêts dans la mangrove, très belle. Outre les crabes, nous y voyons de beaux oiseaux à la couleur orangée car ils se nourrissent de crabes.

 PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (35)

PARC DOS LENCOIS MARANHENSES J (33)

 Puis nous rejoignons BARREIRINHAS à grande vitesse.

 Ce parc nous a encore offert une découverte étonnante dans un lieu privilégié et exceptionnel de notre planète ; un désert de sable où les dunes ondulent sur des dizaines de km, entrecoupées de petits bassins d’eau douce. Un paysage de toute beauté !

 Nous sommes heureux d’être venus jusque dans le nord du pays, c’était notre objectif, il est atteint. Cela aurait dû marquer la fin du voyage mais nous allons devoir jouer les prolongations. C’est cela un voyage au long cours, une aventure permanente …

Il nous faut étaler de nouveau les cartes sur la table ; 6 000 km nous attendent pour atteindre l’Uruguay et Montevidéo. Dès lundi nous contacterons la compagnie Grimaldi en espérant pouvoir réserver un bateau sans trop de délais.

 Nous restons là de nouveau pour la nuit. Demain sera un autre jour …

 Km du jour : 0