EQUATEUR - RETOUR

 

TRAVERSEE DU NORD AU SUD

 

CARTE EQUATEUR RETOUR

 LUNDI 30 DECEMBRE 2013

L’entrée en Equateur aura été laborieuse ; à cause des fêtes, des dizaines de personnes attendent d’obtenir leur autorisation temporaire d’importation de véhicules et vu le temps nécessaire à l’élaboration du document, nous obtenons le nôtre à 22H45, soit après 5H30 de queue ! Et tout cela dans le froid car dès la tombée du jour, à cette altitude, la température chute et nous finissons à 11°. D’ailleurs des vendeurs ambulants proposent couvertures et anoraks.

 Notre 1ère nuit en Equateur sera donc sur le parking de la douane car nous ne voulons pas rouler à cette heure tardive.

 Km au compteur : 70 764

Km du jour en Equateur : 0

Altitude : 2 780  m

 

MARDI 31 DECEMBRE 2013

10° / 26°  - Couvert / Soleil

Premier objectif en quittant le parking de la douane, essayer de trouver une assurance. Nous tournons dans TULCAN mais entre les bureaux d’assurance qui n’existent plus et ceux qui ne sont pas ouverts, nous quittons la ville sans assurance.

 Nous nous mettons en recherche de nouveau à IBARRA mais sans plus de succès.

 Nous partons pour OTAVALO, une ville que nous connaissons où nous pensons qu’il devrait y avoir de l’animation pour y passer notre soirée du 31.

 En arrivant sur la ville, nous questionnons la police pour savoir où trouver un bureau d’assurance mais apparemment il n’y en a pas ici.

Nous nous stationnons dans la même petite rue que lors de notre passage précédent.

 Nous préparons notre dîner de réveillon avec ce que nous avons pu trouver, truite fumée avec pommes de terre aux lardons et champignons et un bon gâteau. Ce n’est pas si mal.

 Puis nous partons vers le centre ville ; il y a un monde fou dehors. Dans toutes les rues, des jeunes ont monté des petits stands décorés de pantins de chiffon et avec musique à fond. Ils sont hyper déguisés et dansent au milieu de la rue pour bloquer les voitures et demander une pièce.

 OTAVALO - REVEILLON (2)

OTAVALO - REVEILLON (3)

 Un stand est particulièrement amusant ; les jeunes présentent un défilé de mannequins très comique.

 OTAVALO - REVEILLON (5)

Quelques podiums avec orchestre et chanteurs sont également répartis en ville.

 Nous faisons un grand tour pour les voir tous. L’ambiance est festive et tout le monde joue le jeu. C’est sympa et nous passons une bonne soirée.

 Puis à l’approche de minuit, les stands sont démontés, tout est empilé dans le milieu de la rue et à 0 H, le feu est mis ; toutes les décorations et pantins flambent, un peu comme lorsqu’on brûle monsieur carnaval pour conjurer le mauvais sort de l’année passée.

 OTAVALO - REVEILLON (6)

Quelques petits feux d’artifice et fusées éclatent un peu partout dans la ville.

 Cela marque la fin de la fête et les rues se vident progressivement ; la ville retrouve son calme.

 Une nouvelle année commence ; nous vous envoyons à tous nos meilleurs vœux, que cette année soit riche en joies et découvertes.

 Km au compteur : 70 936

Km du jour : 156

Altitude : 2 550  m

 

MERCREDI 1er JANVIER 2014

11° / 23°  - Couvert / Eclaircies

Nous reprenons la route car pour nous ce début d’année nous réserve un grand trajet à effectuer. Nous devons traverser l’Equateur, tout le nord Pérou pour pouvoir nous diriger vers le nord du Brésil et rejoindre ainsi la côte atlantique puis la France.

Nous savons que nous avons environ 4 000 km à parcourir dans des zones que nous connaissons déjà et où nous allons donc avancer rapidement pour garder plus de temps pour la suite du parcours.

 Nous roulons sur la Panam et avançons donc rapidement, en contournant toutes les villes.

En quittant OTAVALO, le paysage est joli car la ville est entourée de montagnes et de volcans. Dommage, le temps est couvert.

 Une grande descente nous mène à QUITO.

 DESCENTE VERS QUITO (2)

 La Panam, perchée sur le haut des montagnes, nous permet de surplomber la ville installée dans le creux. Elle s’étire sur des km ; elle ne nous avait pas parue si grande lorsque nous l’avions visitée.

 Puis nous poursuivons sur LATACUNGA, AMBATO et RIOBAMBA et atteignons la lagune de COLTA pour le bivouac. Nous savons que le parking y est agréable et qu’il y a la wifi, donc bien pratique.

Par contre, nous sommes dans la Cordillère, la température la nuit est bien fraîche et nous ressentons les méfaits de l’altitude.

 Km au compteur : 71 257

Km du jour : 321

Altitude : 3 275 m

 

JEUDI 2 JANVIER 2014

6° / 20° / 10° / 28°  - Soleil / Couvert

Au réveil le ciel est d’un beau bleu limpide et le volcan Chimborazo nous apparaît dans toute sa splendeur.

 LAGUNA DE COLTA (2)

La matinée sera consacrée à internet ; nous sommes contents de pouvoir téléphoner et envoyer nos vœux.

 Un sifflet de loco à vapeur nous fait sortir notre nez dehors. Des panneaux indiquaient sur la route que la ligne de chemin de fer était en cours de réhabilitation et effectivement nous voyons arriver une vieille et belle loco suivie de wagons modernes, flambant neufs.

 LAGUNA DE COLTA (4)

LAGUNA DE COLTA (6)

LAGUNA DE COLTA (7)

 En reprenant la route en début d’après-midi, nous bifurquons vers l’ouest du pays. Nous allons donc traverser la cordillère. Effectivement, nous grimpons un col ; la température est basse et le vent fort balaie les montagnes. Quelques rares habitants gardent leurs troupeaux de moutons, accroupis derrière les grosses bottes d’herbe pour se protéger du vent. 

 

COL TRAVERSEE DE LA CORDILLERE

 Puis c’est la descente sur l’autre versant, et là dans un épais brouillard. Nous ne verrons absolument rien du paysage ; la concentration est maximum pour essayer de distinguer les véhicules qui parfois n’ont pas allumé leurs feux.

 L’arrivée sur PALLATANGA nous sort du brouillard et de la haute montagne. La température se radoucit progressivement et la route devient moins sinueuse. Les plantes tropicales et les arbres réapparaissent.

 Arrivés à BUCAY, nous avons atteint la plaine avec un nouveau changement de décor. Nous roulons maintenant en zone « banana split » ; d’un côté de la route, des plantations de bananiers et de l’autre, du chocolat, enfin des cabosses, pas des plaquettes de milka.

 PLANTATIONS BANANIERES (1)

CACAOYER

L’habitat aussi a changé, nous retrouvons les maisons en bois, bien sommaires.

 La température n’arrête plus de grimper et lorsque nous nous arrêtons bivouaquer dans le bourg de MANUEL J. CALLE, près de EL TRIUNFO, nous avons atteint les 28°, bien que le ciel soit tout couvert. Après une petite pause fraîcheur de quelques jours, nous renouons avec la chaleur humide tropicale.

 C’est tout l’intérêt de ce petit pays qu’est l’Equateur. En quelques heures de route, on peut passer de la haute montagne de la Cordillère, aux plaines côtières avec des km de bananeraies ou à la forêt amazonienne. C’est assez fabuleux.

 Km au compteur : 71 409

Km du jour : 152

Altitude : 60 m

 

VENDREDI 3 JANVIER 2014

22° / 30° - Couvert

Nous reprenons notre trajet sur la Panam, toujours entourés de plantations de bananiers.

 Puis voyant un centre de traitement en pleine activité, nous allons voir.

 Les régimes de bananes sont convoyés de la plantation vers le centre de traitement accrochés à des câbles où ils subissent le 1er coup de jet d’eau.

 AVANT NARANJAL - CENTRE TRAITEMENT BANANES (5)

Un ouvrier, très rapide, détache les mains du régime et les jette dans un 1er bain.

 AVANT NARANJAL - CENTRE TRAITEMENT BANANES (3)

  Un autre coupe les mains en 2 ou 3 portions et les jette dans un 2è bain.

 AVANT NARANJAL - CENTRE TRAITEMENT BANANES (4)

 

 Les mains sont alors rangées sur un plateau et pesées pour faire 42 livres (dans tout le pays, on ne parle qu’en livre).

Elles passent ensuite par un poste où une ouvrière munie d’un pinceau passe un produit sur la coupe ; s’en suit la pose de petites étiquettes par la personne suivante puis une troisième vaporise on ne sait quel produit sur les bananes.

 AVANT NARANJAL - CENTRE TRAITEMENT BANANES (6)

 

Arrive enfin la mise en carton ; il reste alors à une employée, munie d’un aspirateur, à faire le vide d’air avant de refermer le plastique.

 AVANT NARANJAL - CENTRE TRAITEMENT BANANES (7)

 Un dernier ouvrier emboîte le couvercle du carton et va déposer le colis au camion, un immense camion frigo qui va contenir 1 200 cartons, soit 25 tonnes de bananes qui, ce jour, partiront vers l’Uruguay. Le camion devra être rempli dans la journée.

 AVANT NARANJAL - CENTRE TRAITEMENT BANANES (9)

 Après cette pause intéressante, nous poursuivons vers NARANJAL puis en direction de PASAJE. C’est dans ce secteur que, malheureusement, il nous arrive un problème.

 C’est l’heure de déjeuner et Jean-Marc voyant un restaurant qui a l’air sympa, freine rapidement, s’arrête et enclenche la marche arrière. A peine a-t-il commencé à reculer, que nous entendons, en même temps, un coup de klaxon et un bruit de tôle. Bien qu’il ait regardé 2 fois dans les rétro, il n’a pas vu une voiture apparemment collée derrière le camion et dont tout l’avant est maintenant encastré sous les roues de secours du camion. C’est un pick-up Hilux avec toute une famille et par chance personne n’est blessé ; le parebrise est cassé mais n’a pas cédé. Des policiers se trouvant tout près arrivent immédiatement et prendront les choses en mains. Après avoir pris les papiers de chacun, ils nous emmènent tous, à quelques km, au poste de police qui sert de fourrière. Là commencent d’interminables discussions car dans ce pays où personne n’a d’assurance, même pas nous puisque nous n’en avions pas trouvé, le conflit doit se régler sur place. Temps qu’un accord n’est pas trouvé, les véhicules restent séquestrés. Un type d’un garage viendra faire une estimation farfelue des dégâts car apparemment c’est un copain du propriétaire du pick up. Nous ne comprenons pas trop le jeu que joue chaque personne, conducteur, propriétaire, policier chacun disant tout et son contraire. Nous finissons par décider de sortir un montant d’argent et à le donner au propriétaire du pick-up en lui disant que c’est tout ce que nous avons. Le propriétaire finit par accepter et nous pensons que l’histoire est réglée. Mais non, maintenant les policiers tournent en rond et ne rendent les papiers à personne ; apparemment il faut les payer. Pour nous, c’est hors de question d’accepter cette corruption et comme nous avons certifié que nous n’avons pas plus d’argent, nous les prévenons que nous allons demander l’aide de l’ambassade de France pour régler le problème. Ce n’est pas du goût des policiers qui apparemment se retournent vers le propriétaire du pick-up puisque lui a l’argent. Nous ne saurons pas exactement ce qui s’est passé mais les policiers sortent et rendent les papiers  à chacun. Après 3 bonnes heures, nous pouvons nous, reprendre la route et le pick up partir avec une dépanneuse.

Encore une expérience, mais celle-ci nous nous en serions bien passés !

 C’est bien contrariés que nous poursuivons la Panam jusqu’à PASAJE, SANTA ROSA puis ARENILLAS où nous prenons une petite route vers LA VICTORIA puis la direction de Puyango. La nuit est tombée mais le coin est désert et nous ne trouvons pas de bivouac. Apercevant enfin quelques maisons, nous allons nous stationner devant ; ce n’est même pas un village et nous savons juste que nous sommes à une dizaine de km de Puyango. Au moins, le coin est calme.

 Km au compteur : 71 642

Km du jour : 233

Altitude : 690 m

 

SAMEDI 4 JANVIER 2014

22° / 28° / 19° / 28° - Soleil / Couvert

Nous effectuons les km qui restent pour atteindre la forêt pétrifiée, située sur la commune de PUYANGO.

 Nous commençons par le tout petit mais intéressant musée, avec de beaux spécimens de mollusques fossilisés et de feuilles d’Araucaria.

 FORET PETRIFIEE DE PUYANGO (2)

FORET PETRIFIEE DE PUYANGO (3)

 Puis nous partons en groupe avec un guide sur le chemin de randonnée à travers la forêt sèche. Nous voyons de très beaux arbres, le Petrino, âgés d’environ 150 ans.

 

FORET PETRIFIEE DE PUYANGO (4)

FORET PETRIFIEE DE PUYANGO (9)

 Pour ceux là, il y a donc bien longtemps que la fleur a germé et donné naissance à un nouvel arbre.

 FORET PETRIFIEE DE PUYANGO (10)

 Puis nous arrivons à la zone où se trouvent les arbres pétrifiés. De nombreux morceaux de troncs jonchent le sol. Un arbre, d’une quinzaine de mètres, cassés en plusieurs tronçons, est le plus beau spécimen du parc ; il a un âge très respectable, de quelques 100 millions d’années.  Il est vrai qu’il est très grand mais d’une part, on ne peut pas en approcher et d’autre part, il n’est pas totalement déterré, ce qui le rend moins impressionnant. La forêt pétrifiée d’Argentine était beaucoup plus belle. 

 FORET PETRIFIEE DE PUYANGO (7)

Par contre la guide est intéressante et nous explique, entre autres, le processus de pétrification ; il se produit sous terre quand le bois est enterré et recouvert de sédiments et donc privé d’oxygène. L’eau enrichie, filtrée par les sédiments, dépose ses minéraux qui pénètrent l’écorce et transforment le bois en pierre lors de leur décomposition.

 En chemin, nous entendons de nombreux oiseaux piailler dans le haut des arbres et voyons quelques beaux et gros lézards.

 Nous poursuivons notre avancée par de petites routes qui grimpent vers les sommets montagneux avant d’en redescendre, entraînant à chaque fois une impression de fraîcheur vite remplacée par une sensation de chaleur.

 Nous y voyons de beaux arbres bouteilles

 

ARBRES ENTRE PUYANGO ET EL EMPALME (3)

ARBRES ENTRE PUYANGO ET EL EMPALME (5)

 ainsi que des fromagers avec leurs grosses fleurs blanches qui de loin ressemblent à de gros ronds blancs.

 

ARBRES ENTRE PUYANGO ET EL EMPALME (6)

ARBRES ENTRE PUYANGO ET EL EMPALME (7)

  Passés ALAMOR, CELICA puis EL EMPALME, nous rejoignons la Panam qui nous mène directement à MACARA, ville frontière avec le Pérou.

 Arrivés en fin d’après-midi, nous faisons un tour à la braderie qui s’y tient actuellement puis allons nous stationner en centre ville près de la place décorée d’un beau sapin de noël illuminé. C’est le seul endroit un peu vivant, le reste de la ville ressemble plutôt à une ville morte. 

 Km au compteur : 71 797

Km du jour : 155

Altitude : 460 m

 

DIMANCHE 5 JANVIER 2014

22° / 28° / 19° / 28° - Soleil / Couvert

Nous partons directement pour la frontière, à quelques km du centre ville.

 La sortie d’Equateur est très rapide et nous ressortons même du bureau de la douane avec chacun une mangue en cadeau.

 Nous quittons l’Equateur après un passage express de 5 jours ; il faut dire que nous avions vraiment tout visité à l’aller.

Cette fois nous n’avons pas eu le temps d’apprécier le pays puisque nous y avons principalement roulé pour le traverser du nord au sud mais nous savons qu’il recèle de trésors que nous avions beaucoup aimés lors notre première visite.

 Km au compteur : 71 800

Km du jour en Equateur : 3

Total km parcouru : 1 036 km en 5 jours